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Les métiers de l'architecture


Si, depuis 1990, le nombre total estimé d'architectes a sensiblement augmenté : 35 000 en 1997, celui des architectes inscrits à l'Ordre reste constant : 27 000. Par contre, de l'architecte reconnu et réputé au chômeur méconnu, la profession revêt des conditions économiques disparates.
Si 3 à 4 % des architectes gagnent très facilement leur vie et si 10 % des agences tournent convenablement, la majorité des libéraux a des revenus de smicard (notamment les moins de 30 ans), malgré de lourdes responsabilités. Environ 13 233 agences employaient près de 19 000 salariés en 1997, ce qui veut dire que les postes sont rares et que seules les grandes agences disposent de personnel. Plus de 80 % des architectes
exercent en libéral ou en association avec des confrères ; 4 000 sont salariés des secteurs public et privé (sociétés de conseil, de promotion-construction...).
Bien que les architectes soient les garants de la qualité des logements ou des travaux d'amélioration, plus de la moitié de ce qui est bâti ou rénové leur échappe. En effet, quand des particuliers désirent construire une maison tant que la surface de plancher n'excède pas 170 m2, ils ne sont pas forcés d'avoir recours à un architecte.

Les concours sont la procédure privilégiée des commandes publiques. Mais si, à l'origine, ce système devait permettre aux débutants de talent de rivaliser avec leurs aînés, dans la pratique, on assiste à l'effet inverse. Les jeunes sans références sont presque automatiquement écartés au profit de leurs confrères reconnus, les maîtres d'ouvrage préférant souvent voir triompher des " signatures prestigieuses ", plus flatteuses à leurs yeux.
Malgré des conditions d'exercice de la profession préoccupantes, l'architecture attire toujours de nombreux bacheliers et compte près de 20 000 étudiants inscrits toutes années confondues. Si l'on recense 40 % d'abandons en cours d'études, le nombre de diplômes décernés reste pratiquement stable depuis 1990 : plus de 1 000 chaque année (1 000 pour les écoles d'architecture, 100 pour l'E.S.A. et 30 pour l'E.N.S.A.I.S.).

Avec l'essoufflement des constructions neuves, de l'amélioration de l'habitat, les jeunes diplômés rencontrent des difficultés d'insertion. Pour les surmonter et mieux s'adapter, beaucoup suivent une formation complémentaire afin de pouvoir diversifier leurs activités. Ils se tournent vers la réhabilitation, l'urbanisme, le paysagisme, l'expertise, le conseil auprès d'organismes financiers ou des collectivités, l'enseignement, l'assistance à maître d'ouvrage...
La réforme des études de la filière D.P.L.G., mise en place depuis 1998, devrait faciliter le démarrage dans la vie active.


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