Grand moteur de la révolution industrielle française du XIXe siècle, l’industrie textile est aujourd’hui en crise. La part de l’habillement dans la consommation totale est passée de 13 % en 1955 à moins de 6 % aujourd’hui; le prix des vêtements est en baisse constante; les importations s’accroissent; les fermetures et les délocalisations se multiplient.
Et, paradoxalement, cette crise, qui frappe le vêtement et son industrie, est masquée par l’exubérance et l’éclat de la haute couture, vitrine prestigieuse de la mode française. Face à ce contraste entre les licenciements massifs du textile et la mode-spectacle, quels sont les secteurs et les métiers d’avenir ?
L’industrie textile L’industrie textile transforme les fibres naturelles ou synthétiques en fils et tissus. Elle fournit non seulement les entreprises de la mode et de l’habillement mais est également présente dans d’autres domaines comme la construction de bateaux, la fabrication des sièges automobiles, le matériel de sport…
Il s’agit d’un secteur sinistré, qui a perdu 250000 emplois en 16 ans, victime de la concurrence des pays à bas salaires entraînant une importante délocalisation à l’étranger. De plus, les modifications technologiques qui se sont multipliées depuis les années 90 ont entraîné une révolution complète du processus de fabrication et un changement de l’emploi selon deux axes. Avec l’automatisation liée à la robotique et l’électronique, il y a moins de main-d’œuvre, donc peu de recrutements.
Avec le développement de l’informatique et la complexification des machines employées, il y a davantage besoin de personnel qualifié et capable de s’adapter rapidement. Par ailleurs, si les matières et activités traditionnelles de la filature, du tissage et du tricotage sont en recul, les activités d’ennoblissement et de création se développent au rythme de l’apparition de nouvelles matières.
Ces « fibres du XXIe siècle » (tissus qui chauffent, massent ou sèchent instantanément…) connaissent un franc succès et ont encore de beaux jours devant elles. En effet, toutes les branches de l’industrie sont demandeuses de ces fibres à haute valeur ajoutée. Ainsi, pour les 400 entreprises françaises qui interviennent sur ce marché à 6 milliards d’euro, l’heure n’est pas à la crise. L’industrie textile s’appuie désormais de plus en plus sur les laboratoires de recherche pour répondre aux attentes des entreprises et aux besoins des consommateurs.
Au total, pour faire carrière dans ce secteur, il faut:
- s’armer d’une solide formation assurant compétence professionnelle et polyvalence; les cursus bac + 2 sont privilégiés lors des recrutements;
- choisir la voie du traitement des fils, de la conception des tissus et de l’entretien des textiles qui sont porteurs; les débouchés ne manquent pas pour les ingénieurs ou les titulaires d’un diplôme d’école supérieure.