La SCOLARITÉ » Aide et services » GUIDE DE LA SCOLARITÉ
Controle continu

Comment juger équitablement tous les élèves? Comment savoir s’ils ont tous atteint le niveau requis pour chaque classe ? Comment vérifier l’uniformité de l’enseignement selon les établissements? Faut-il tout prendre en compte, notes, devoirs, comportement… ou bien se fier plutôt au résultat d’une seule évaluation générale? Quel est le système le plus valable : contrôle continu ou examen final ?


Contrôle continu

Comment juger équitablement tous les élèves? Comment savoir s’ils ont tous atteint le niveau requis pour chaque classe ? Comment vérifier l’uniformité de l’enseignement selon les établissements? Faut-il tout prendre en compte, notes, devoirs, comportement… ou bien se fier plutôt au résultat d’une seule évaluation générale? Quel est le système le plus valable : contrôle continu ou examen final ?

La controverse dure depuis près de quarante ans. La tradition voulait en effet qu’en France un examen final, anonyme, solennel et souvent national vienne sanctionner chaque fin de formation. Rappelons-nous du fameux certificat d’études… Encore maintenant le baccalauréat en est un lointain quoique digne héritier. C’est en mai 1968 que les étudiants ont dénoncé l’évaluation terminale, jugée injuste et hasardeuse. Ils l’accusaient de ne représenter que la performance du moment et par conséquent de ne pas traduire la réalité de l’investissement fourni. Ils ont alors réclamé, au nom de l’égalité des chances pour tous, un contrôle continu des connaissances. Certes, cette solution a ses avantages dans la mesure où elle limite les risques « d’accident » pour le bon élève, elle oblige à travailler régulièrement, elle relativise l’aspect définitif des résultats et revalorise l’action quotidienne des enseignants. Par ailleurs, il est prouvé qu’elle permet d’alléger les coûts des examens et de simplifier nombre de démarches administratives par exemple.

On peut s’interroger en revanche sur la pertinence de la notion d’égalité. En supprimant l’anonymat, le contrôle continu ne supprime-t-il pas du même coup l’objectivité? Que dire encore de la signification des notes au sein des établissements ou de l’indépendance des professeurs?

Au total, l’école française a finalement opté pour un compromis: si le système actuel d’évaluation des élèves et des étudiants prend en compte tous leurs travaux notés de l’année scolaire, il insiste sur les exercices surveillés, contrôles trimestriels et partiels, plus décisifs que les exposés oraux ou les devoirs à la maison. Dans les faits, il s’agit d’un contrôle semi-continu que nous acceptons généralement comme satisfaisant et suffisant. Le terme utilisé est contrôle en cours de formation.

La situation se révèle plus complexe en matière d’examens. Le contrôle continu se développe dans les filières techniques et professionnelles, tels les C.A.P. et B.E.P., notamment parce qu’il facilite le déroulement de certaines épreuves qui portent sur des matières générales et professionnelles. Mais il apporte aussi une connotation péjorative de diplôme au rabais. L’inconscient collectif soupçonne toujours que le contrôle continu sert à « donner » le diplôme. Voilà qui n’est peut-être pas étranger à la désinvolture entourant le brevet des collèges… Pourquoi aborder sérieusement les trois épreuves surveillées de français, de mathématiques et d’histoire-géographie alors que les notes des classes de quatrième et troisième garantissent son obtention dans la majorité des cas? Même la « neutralité » du bac est sujette à caution puisque le jury examine les dossiers scolaires et fait intervenir le contrôle continu pour « repêcher » le candidat malheureux. Question de bon sens: celui qui a travaillé régulièrement mérite de réussir et ne doit pas être victime des circonstances. Il y a là une leçon fondamentale à retenir: les modalités d’évaluation importent peu car c’est toujours le travail qui compte.