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Grandes écoles

Ces établissements renommés que sont les grandes écoles ont pour vocation de former l’élite des ingénieurs, fonctionnaires, administrateurs ou directeurs. Leur accès reste ultra


Grandes écoles

À l’origine baptisées « écoles spéciales », elles ont toujours été créées afin de répondre à des besoins spécifiques: Ponts et Chaussées au XVIIIe siècle pour former des techniciens aptes à construire des routes, Polytechnique après la Révolution pour combler la pénurie de cadres civils et militaires, École des hautes études commerciales (H.E.C.) à la fin du XIXe siècle pour initier les financiers et gestionnaires aux bouleversements économiques mondiaux.
Aujourd’hui encore ces établissements renommés que sont les grandes écoles ont pour vocation de former l’élite des ingénieurs, fonctionnaires, administrateurs ou directeurs. Leur accès reste ultra sélectif: en règle générale sur concours après deux ans de prépa (voir rubrique «prépa»), plus rarement sur dossier ou examen après le bac, un B.T.S. ou un diplôme universitaire. Leur fréquentation, gage de réussite, est censée ouvrir toutes les portes voire dérouler le tapis rouge du monde du travail. Attention cependant à ne pas céder à la facilité des réputations! Les grandes écoles sont victimes de leur succès. Parfois plus occupées à se livrer une concurrence farouche pour recruter les meilleurs éléments qu’à adapter leurs enseignements aux besoins actuels, elles perdent des étudiants. Plusieurs élèves admis à H.E.C. ont préféré rejoindre la moins réputée mais plus internationale et dynamique E.S.C.P. Quant aux grandes carrières promises, certaines s’avèrent décevantes si ce n’est amères. Combien de normaliens agrégés à qui l’on avait fait miroiter des chaires universitaires se retrouvent enseignants en Z.E.P.?
L’ écart des salaires en début de carrière peut aussi faire réfléchir: 20000 euros par an à la sortie d’une E.N.S., 35000 euros pour un ingénieur de Centrale et plus de 40000 euros pour un diplômé d’H.E.C. ...
La durée des cursus varie également: 3 ans à l’École des Chartes ou l’E.S.S.E.C., 4 ans dans les E.N.S. et à Polytechnique, 5 ans dans les écoles avec prépa intégrée telle l’I.N.S.A.
Les normaliens, considérés comme des fonctionnaires stagiaires sont rémunérés; en retour ils s’engagent à servir l’État pendant dix ans. Les étudiants des écoles de commerce doivent en revanche financer personnellement leur scolarité dont le montant s’étale de 4000 à 7000 euros par an.
Dans ces conditions, il s’avère essentiel de réfléchir longuement en envisageant le long terme avant de choisir son cursus et sa grande école.
D’autant que cette appellation pose problème. Si les grandes écoles réservées à la formation des cadres de la Fonction publique sont peu nombreuses, quiconque le souhaite peut fonder une école d’ingénieurs ou de commerce. On différencie les établissements publics, consulaires (gérés par une chambre de commerce et d’industrie) et privés. Ceux dont le diplôme est visé par le ministère de l’Éducation tiennent le haut du pavé. Les autres, pas forcément moins sérieux mais assurément moins prestigieux, sont reconnus par l’État ou ne possèdent qu’une simple homologation de diplôme qui n’indique que le niveau réel d’études.
Par ailleurs, seules les écoles de commerce membres de la Conférence des grandes écoles ont le droit d’utiliser le label « Grande école ».
D’où l’importance de se renseigner auprès des autorités, des anciens élèves et des futurs employeurs sur la validité des enseignements et des débouchés.
Sans forcément se cantonner aux noms célèbres, car beaucoup de nouvelles écoles sont réputées, il faut se méfier de celles à l’accès trop facile ou aux titres ronflants multipliant les anglicismes et qualificatifs tels que « international » ou « européen ».
Voici à titre indicatif une liste non exhaustive des principales grandes écoles françaises:


  • lettres et sciences : E.N.S. Ulm, E.N.S. Lyon, E.N.S. Cachan, École des Chartes, Saint-Cyr;

  • ingénieurs généralistes les plus recherchés : Polytechnique, Mines (Paris, Saint-Étienne, Nancy), Centrale (Paris, Lille, Nantes et Lyon), Ponts et Chaussées;

  • écoles d’ingénieurs spécialisées : E.N.S.A.M. (production), Télécom Paris et E.N.S.T. Bretagne (télécommunications), E.N.S.I.M.A.G. Grenoble (informatique), E.N.S.C.P. (chimie), I.N.A.-P.G., E.N.S.A. et E.N.I.T.A. (agronomie);

  • prépas intégrées : I.N.S.A. (Lyon, Toulouse, Rouen, Rennes), E.N.I. Brest;

  • grandes écoles de commerce: H.E.C., E.S.S.E.C., E.S.C., E.M. Lyon, E.S.S.C.A. Angers, I.N.S.E.E.C. Bordeaux, I.S.C.I.D. Dunkerque, E.D.H.E.C. Lille et Nice, I.C.N. Nancy, Audencia Nantes, Ceram Lille, E.S.C.P.-E.A.P., E.S.G., E.S.L.S.C.A., I.S.C., I.S.G., I.N.T., I.E.C.S. Strasbourg, E.S.C.E.M. Tours et Poitiers.