Le cagneux ou khâgneux est en cagne ou Khâgne, la classe préparatoire au concours d’entrée à Normale Sup et par extension aux grandes écoles littéraires: E.N.S. Ulm, Lyon et Cachan, Saint-Cyr et École des Chartes.
Khagneux
Voilà un terme barbare, peu flatteur voire insultant pour les néophytes. On raconte en effet que, lors d’une visite officielle, Napoléon fut si surpris de la mauvaise mine des élèves de l’École normale supérieure trop préoccupés par leurs études qu’il s’écria: « Mais qui sont ces cagneux-là? ».
L’expression est devenue depuis un véritable titre qui confère à l’étudiant qui le porte un statut prestigieux.
Le cagneux ou khâgneux est en cagne ou Khâgne, la classe préparatoire au concours d’entrée à Normale Sup et par extension aux grandes écoles littéraires: E.N.S. Ulm, Lyon et Cachan, Saint-Cyr et École des Chartes.
En fait, la Khâgne correspond à la deuxième année de préparation tandis que la première année est l’hypokhâgne.
Futur professeur agrégé, journaliste, administrateur, chercheur, officier de l’armée de terre, archiviste ou conservateur de musée, le khâgneux est appelé à exercer d’importantes fonctions, sous réserve de réussir le concours. Il peut tenter sa chance deux fois au moins : la première il est « carré », la seconde « cube ».
Évidemment, les places en Khâgne restent réservées à un petit nombre. Sont indispensables: un dossier scolaire brillant, un excellent niveau en français, philosophie, histoire et langues, des facilités d’expression écrite et orale, une solide culture générale, un grand sens de la précision, une force morale et physique permettant de résister à une énorme masse de travail et à la pression de l’émulation, sans oublier une sincère passion pour les lettres.
Le vrai « Khâgneux » n’est pas un petit rat de bibliothèque, blasé, simple dévoreur de livres et compilateur du savoir, drogué au Guronzan et épuisé par des nuits blanches passées à recopier des citations ! Il crée sa propre pensée et fait preuve d’indépendance d’esprit. Il a un rôle moteur dans la réflexion culturelle, sociale et politique de son temps.
Peut-être s’en est-il enorgueilli trop longtemps, ce qui l’a conduit à se reposer sur ses lauriers… Avec la multiplication des prépas intégrées et des formations universitaires parallèles notamment, l’existence des classes préparatoires littéraires commence à être remise en cause.
Il serait dommage que la Khâgne disparaisse car elle dispense un enseignement d’une remarquable qualité peut-être plus formateur, indispensable et utile à long terme que les Grandes Écoles auxquelles elle conduit. Ainsi, quand on demande aux « normaliens », et autres « chartistes » ce qu’ils retiennent avant tout de leur cursus, presque tous répondent sans hésiter: «la Khâgne!» (voir aussi rubrique « Prépa »).