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Parents - Profs

Véritable « couple maudit » que celui de parents-profs… Les premiers ne manquent jamais de critiquer le laxisme, l’absentéisme, la sévérité ou l’incompétence des seconds qui répliquent aussi sec pour dénoncer le peu de coopération et les attitudes démissionnaires.


Parents -profs

Véritable « couple maudit » que celui de parents-profs… Les premiers ne manquent jamais de critiquer le laxisme, l’absentéisme, la sévérité ou l’incompétence des seconds qui répliquent aussi sec pour dénoncer le peu de coopération et les attitudes démissionnaires. Comment concilier l’objectif légitime des parents, préoccupés par la réussite individuelle de leurs enfants, et l’obligation professionnelle pour les enseignants de former équitablement un maximum d’élèves ?
Le « divorce » date du début des années 70. Jusqu’alors les parents n’avaient jamais remis en cause les jugements et choix pédagogiques des professeurs. La controverse autour de la méthode de lecture globale, accusée d’engendrer des analphabètes, et la prise de conscience que les études n’empêchaient pas le chômage leur ont fait perdre confiance.
Depuis c’est le statut quo. Les parents « consomment » de l’école pour satisfaire leurs intérêts personnels : volonté d’intervenir dans le contenu des cours, multiplication des appels contre les décisions des conseils de classe, inscriptions liées à la réputation des sections, filières et établissements. Les professeurs « se blasent » , affirmant que l’éducation ne peut pas être soumise à l’obligation de résultats et qu’ils n’ont de comptes à rendre qu’à l’État. Dans les cas d’extrême tension, on en arrive à des situations condamnables : parents désabusés, élèves déscolarisés, enseignants insultés voire agressés…
De fait pourtant, tous font partie de la même communauté éducative. Ils doivent y travailler de concert, dans le seul intérêt des jeunes. Voilà pour la théorie. Mais quelle attitude adopter sur le terrain pour les parents soucieux de protéger leurs enfants ? Beaucoup craignent de s’attirer les foudres des profs en se manifestant. Ils ont tort. Nombre d’enseignants regrettent l’absence d’échanges avec la famille. Il y a bien sûr un juste milieu à respecter : on ne se précipite pas tous les jours chez la maîtresse pour commenter les progrès de son rejeton pas plus qu’on n’attend le dernier bulletin pour s’inquiéter des mauvais résultats. Il faut essayer d’assister à la réunion de rentrée des primaires et à la rencontre parents-profs des collèges et lycées. Elles sont fondamentales. Elles permettent parfois de découvrir des aspects méconnus de la personnalité des enfants : certains, expansifs à la maison, se révèlent très discrets en classe et inversement. Elles servent encore à faire le point sur les questions d’orientation, les éventuelles sorties, le rythme de travail, l’emploi du temps, les problèmes de santé, de dyslexie…
Le carnet de liaison (ou cahier de correspondance) est à consulter régulièrement. Les rendez- vous, convocations, faits importants (absences, maladies, punitions, avertissements…) y sont consignés. C’est aussi un support pour dialoguer par écrit avec les enseignants.
Avant d’entrer dans les polémiques chères aux enfants, du genre « Le prof est nul », « Mon prof ne m’aime pas », « Il y a trop de travail », « Le programme n’est pas respecté »… mieux vaut vérifier. D’où l’intérêt de connaître les représentants des parents d’élèves qui assistent au conseil de classe.
En cas de doute, de désaccord, prendre les élèves à parti ou taxer l’enseignant de mauvaise foi reste dangereux. Il est recommandé d’appuyer officiellement l’action pédagogique. Défendre son enfant : oui. Dénigrer l’école : non.
De toute façon, la plupart des profs sont eux-mêmes parents et réagissent comme tels. Alors pourquoi ne pas faire fructifier les expériences ?