Le piercing déclenche bien des batailles dans les foyers.
Piercing
Automutilation et acte de provocation barbare pour les uns, must de la mode et ornement esthétique indispensable pour les autres, le piercing déclenche bien des batailles dans les foyers. Parents horrifiés ou sceptiques s’opposent souvent à leurs enfants coquets et enthousiastes. Les arguments contre – c’est laid, c’est dangereux, ça fait mal – répondent aux arguments pour – c’est joli, tous les jeunes en ont, ça s’enlève, c’est rien du tout…
Sur un tel sujet, personne ne reste objectif car le piercing est un acte intime et lourd de sens. Marquer son corps n’a rien d’anodin: c’est une façon de se l’approprier pour les enfants mais une souffrance dans sa chair pour les parents. Trop de sentiments contradictoires entrent en ligne de compte.
S’il faut ouvrir un débat en famille sur le piercing, c’est à vous parents de le dédramatiser. Même si vous ne parvenez pas à imaginer votre progéniture avec un tube cuivré logé dans le cartilage de l’oreille, un anneau argenté planté dans l’arcade sourcilière, une boule dorée nichée au bord des narines ou au creux de la langue, une petite pointe métallique jaillissant du labret… ne dites pas non d’emblée. Plus les refus sont nets, plus ils attisent l’envie. Ils conduisent certains mineurs sans autorisation à recourir à des charlatans. Malheureusement il n’y a encore aucune législation gouvernementale en la matière. Et puis les piercings les plus inquiétants ne sont pas forcément visibles! De toute façon, une fois majeur, votre enfant fera ce qu’il désire alors autant qu’il sache où s’adresser.
Expliquez-lui qu’un professionnel responsable vérifie l’âge de son client, l’informe des risques et contre-indications et refuse de le piercer s’il souffre de diabète ou d’allergies. Énoncez très concrètement les dangers du piercing : possible contamination par les hépatites B et C en cas de non-respect des précautions d’hygiène, infections courantes, cicatrisation longue (deux mois pour la langue et cinq pour le nombril par exemple). Jouez sur les cordes sensibles: l’opération se fait sans anesthésie et coûte cher (au minimum 60 euros).
Encore dérangeant pour une majorité d’adultes donc attirant pour les jeunes, le piercing semble peu à peu entrer et se fixer dans les mœurs. Pour preuve, au même titre que la cigarette ou le portable, il fait désormais partie du chapitre « Interdictions » des règlements intérieurs de beaucoup de collèges et lycées.