Traditionnellement, le préceptorat consiste en une forme d’enseignement dans laquelle une personne – le précepteur – est chargée de l’instruction d’un enfant qui ne fréquente ni école, ni collège.
Préceptorat
Il symbolise une époque révolue, celle des rois éduqués dans leurs châteaux, des nobles trop délicats pour se mêler au bas peuple et des bourgeois désireux d’afficher leur aisance financière.
En ces temps d’avant Jules Ferry, les précepteurs n’enseignaient pas forcément le calcul, la lecture ou la géographie. Ils s’adaptaient au statut social de leurs élèves: escrime et danse pour les aristocrates, rhétorique et théologie pour les futurs ecclésiastiques, grandes batailles et stratégie pour les militaires en devenir…
Depuis les années 50-60, l’école laïque, gratuite et obligatoire, la démocratisation des collèges et lycées, l’accès plus facile pour tous à des études de qualité, la diversification et la réglementation des disciplines scolaires ont sonné le glas du précep torat synonyme d’inégalité, d’isolement, de snobisme… Il demeurait réservé à une élite dont la décadence et la marginalité ne faisaient aucun doute.
Aujourd’hui néanmoins le préceptorat a de nouveau la cote, pas seulement parmi les notables privilégiés mais dans tous les foyers. Il répond en effet à de nouvelles interrogations des parents: Mon enfant est-il bien suivi malgré une classe surchargée? Pourquoi n’arrive-t-il pas à comprendre ou travailler seul? Comment gérer la scolarité d’un élève précoce, dyslexique, sportif de haut niveau, souvent hospitalisé… dans des structures inadaptées? De quelle manière améliorer ses résultats le plus rapidement possible?
C’est pourquoi beaucoup d’organismes de cours particuliers à domicile se sont engouffrés dans cette brèche individualiste et emploient désormais le terme de « préceptorat » pour désigner des formules d’aide aux devoirs quotidienne.
Certes le recours à un précepteur, qui viendrait chaque jour inculquer calmement les bases essentielles de la connaissance, peut s’avérer bénéfique. Il maintient ainsi un rythme de travail stimulant et sort un moment l’enfant de sa condition de malade, handicapé ou en échec.
La solution couplée école la journée - préceptorat le soir est chère au cœur des parents très pris par leurs activités professionnelles et peu disponibles pour suivre les devoirs de leurs enfants. Ce système bien confortable d’assistanat s’apparente davantage à un répétitorat. Il ne s’agit plus de faire cours mais d’expliquer les leçons, de surveiller les travaux écrits, bref de prendre le relais de l’école sans entraver l’autonomie des élèves. Véritable exercice de style que de respecter cette règle. Le secret d’une bonne pédagogie est là. Le répétiteur n’agit pas à la place de l’élève. Il le guide, l’aide à comprendre, lui donne les clés pour progresser avec méthode.
En conclusion, si le préceptorat a l’avantage de fournir un enseignement au plus proche de l’enfant, il risque aussi – en cas d’abus – de l’isoler des autres jeunes de son âge, donc de limiter ses horizons…