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Prépas

Si le terme prépa tient encore le haut du pavé dans le jargon étudiant, les instances officielles parlent de C.P.G.E. (classes préparatoires aux grandes écoles).


Prépas

Si le terme prépa tient encore le haut du pavé dans le jargon étudiant, les instances officielles parlent de C.P.G.E. (classes préparatoires aux grandes écoles). C’est là que se préparent, en deux ou trois ans de travail acharné (au moins 12 heures par jour!) les concours menant aux établissements prestigieux que sont Polytechnique, Centrale, H.E.C., Normale Sup…
« Voie royale », s’il en est, la prépa regroupait 70000 inscrits en 2003 – pour deux millions d’étudiants – dont 80 % titulaires d’un bac S. Preuve que la sélection pour y accéder puis s’y maintenir est sévère: dossier scolaire irréprochable, grande motivation, goût de la compétition, résistance morale et physique…
Les emplois du temps de prépa ont incontestablement de quoi décourager même les plus ambitieux: 30 à 40 heures de cours par semaine, auxquelles s’ajoutent 4 à 6 heures de compositions surveillées chaque mercredi après-midi et/ou samedi matin, 2 à 3 heures hebdomadaires d’interrogations orales dites « colles » ainsi que les dizaines d’heures de recherche personnelle, connaissances à emmagasiner, exercices à faire, exposés à organiser… Absences ou devoirs non rendus sont rarement tolérés. Les premières notes sont cruelles et il faut s’attendre à collectionner quelque 2 et 4/20! Ceux qui ne suivent pas le rythme dès le départ ne seront pas admis à passer en deuxième année.
On distingue les classes préparatoires scientifiques, économiques et littéraires.
Les prépas scientifiques conduisent aux écoles d’ingénieurs et grandes écoles scientifiques dont certaines mettent leur concours en commun: Polytechnique, Mines, Centrale, Supélec, E.N.S.A., E.N.S.A.M., E.N.S.E.A., E.N.S.I., E.N.S.T., I.N.A., E.N.I.T.A. ... Sont accueillis en priorité les bacheliers de la série S. Ils deviennent alors « taupins », du nom des soldats poseurs de mines souterraines, en référence à l’ancienne destinée militaire des Polytechniciens. Les plus matheux optent habituellement pour l’une des trois options de première année (ex-Math Sup): M.P.S.I. (maths, physique, sciences de l’ingénieur) ; P.C.S.I. (physique, chimie, sciences de l’ingénieur) ou P.T.S.I. (physique, technologie, sciences de l’ingénieur). En deuxième année (ex- Math Spé), ils se spécialisent en M.P. (maths, physique), P.C. (physique, chimie), P.S.I. (physique, sciences de l’ingénieur) ou P.T. (physique, technologie). Les adeptes de la biologie ont intérêt à tenter B.C.P.S.T. (biologie, chimie, physique et sciences de la terre). Les titulaires d’un bac S.T.I. ou S.T.L. ne sont pas laissés pour compte puisque les options T.S.I. (technologie et sciences industrielles) et T.P.C. (technologie, physique et chimie) leur sont destinées.
Les prépas économiques appelées HEC (haut enseignement commercial) ne sont pas exclusivement réservées à l’école H.E.C. (Hautes études commerciales). Elles ouvrent aussi les portes des autres écoles de commerce et de gestion: E.S.S.E.C., E.S.C.P., E.M. Lyon, E.S.C., Sup de Co, E.S.G., E.S.C.E.M., I.F.A.G. ... Il y a trois voies accessibles: la voie scientifique traditionnelle pour les bacheliers S, la voie économique pour les bacheliers E.S. et L, la voie technologique pour les bacheliers S.T.T.
Les prépas littéraires ou Khâgnes (voir rubrique « Khâgneux ») recrutent parmi tous les bacs généraux. Celles qui permettent d’accéder aux E.N.S. d’Ulm, Lyon et Cachan différencient le concours lettres classiques (avec pratique du latin), le concours B (sans latin) et le concours lettres et sciences sociales. En ce qui concerne l’École des Chartes et Saint-Cyr, les cursus sont plus spécialisés, orientés vers les activités futures d’archiviste ou d’officier de l’armée de terre. Selon la prépa envisagée, les débouchés ne sont pas les mêmes pour tous. La grande variété d’écoles d’ingénieurs et de commerce, donc de concours, communs de surcroît, avantage les scientifiques et les économistes. Ils parviendront toujours, tant bien que mal, à se placer. L’horizon est plus sombre du côté des littéraires victimes d’un choix limité. Sans oublier les taux de réussite qui sont à frémir de découragement : en moyenne 6% au pire et 30 % au mieux… Autant dire qu’il faut être prêt à accepter les défaites quitte à intégrer une école plus modeste que celle visée ou poursuivre ses études à l’université. Par ailleurs, il est conseillé à tous les élèves des prépas de s’inscrire parallèlement en D.E.U.G. à la fac. D’une part cela facilite, grâce aux équivalences, les reconversions et réorientations en cas d’échec. D’autre part nombre d’écoles l’exigent. Ainsi Normaliens et Polytechniciens doivent justifier d’une licence et d’une maîtrise, obligatoires pour passer le C.A.P.E.S. ou l’agrégation par exemple.
Puisque la prépa est un parcours semé d’embûches, mieux vaut bien choisir l’endroit où la suivre. Si la réputation des grands lycées parisiens (Louisle- Grand, Henri-IV…) n’est plus à faire, la qualité de l’enseignement en province n’en demeure pas moins inférieure. Loin de là! Les effectifs sont plus abordables et l’ambiance est un peu plus conviviale. En outre, on recense 207 classes préparatoires: 155 publiques et 52 privées. Les premières sont gratuites et garantissent des équivalences avec la faculté. Les secondes ont un prix variant de 800 à 4600 euros, des statuts et des résultats très variés qu’il est préférable d’examiner avant de s’inscrire.
Quant à ceux que la prépa rebute, qu’ils sachent que ce chemin, aussi brillant soit-il, n’est pas l’unique moyen d’accéder aux grandes écoles. Certaines en effet fonctionnent avec des prépas intégrées qui recrutent directement après le bac.
Les universités de Paris VI, XI et XII proposent des D.E.U.G.-Prépa. Enfin, les titulaires d’un B.T.S. ou d’un D.U.T. peuvent intégrer des prépas A.T.S. pour techniciens supérieurs. De toute façon, la prépa n’est pas l’antre réservé d’une élite idéale. Elle est plus accessible qu’on ne le pense. Certes ses adeptes sont des bourreaux de travail mais ils savent aussi se détendre à l’occasion.
L’équilibre de vie reste le secret essentiel pour réussir en prépa… (voir rubrique « Grandes écoles»).