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Triche

Qu’est-ce donc que tricher sur les bancs de l’école? C’est copier, rendre le travail d’un autre, consulter « en douce» des antisèches cachées dans une poche, une trousse, une chaussette, un capuchon de stylo...


Triche

Quel élève n’a jamais été tenté de jeter un œil sur le devoir de son voisin lors d’un contrôle sur table? Quel étudiant peut affirmer n’avoir jamais inscrit au creux de sa main une date ou une formule impossible à retenir en prévision d’une interrogation ? Il s’agit là de petites faiblesses, typiquement humaines, qui ne portent pas à conséquence.
D’ailleurs même les enseignants ne considèrent pas ces gestes comme de la triche, sinon ils n’arrêteraient pas de distribuer les blâmes. Qu’est-ce donc que tricher sur les bancs de l’école? C’est copier, rendre le travail d’un autre, consulter « en douce» des antisèches cachées dans une poche, une trousse, une chaussette, un capuchon de stylo...
Les procédés et systèmes D, quasi institutionnalisés, ne manquent pas. Le grand classique, très en vogue chez les collégiens, consiste à faire passer son cahier de cours pour un cahier de brouillon en inversant astucieusement les protège-cahiers.
Il est repris par quelques candidats à certains concours de grandes écoles (eh oui...) qui cachent leur dictionnaire bilingue interdit sous la couverture du dictionnaire unilingue autorisé...
Dissimuler ses notes dans l’amoncellement des feuilles prévues pour rédiger le devoir s’avère un peu plus risqué. Cela nécessite souvent l’intervention d’un complice chargé de détourner l’attention du surveillant le temps de consulter les notes en question.
Rendre une seule page au professeur puis revenir avec une deuxième page, où les erreurs ont été corrigées et les exercices terminés, en prétendant l’avoir oubliée parmi ses brouillons paraît tellement improbable qu’on s’y laisse prendre !
Enfin, tout le monde sature la mémoire de sa calculatrice ultra performante (ou de son portable, «qui sert de montre, j’vous jure!»). Cette solution donne bonne conscience ; on ne triche pas vraiment puisque l’instrument est autorisé en cours et au bac. Attention cependant : inutile de compter dessus lors des épreuves littéraires. Sans parler des interdictions de dernière minute, comme ce fut le cas il y a quelques années au matin de l’épreuve de physique-chimie du bac S... Et quelle perte de temps à tapoter sur les touches pour retrouver les bonnes données !
Bien sûr il y a des sanctions pour ceux qui se font prendre. Elles dépendent des circonstances. Elles ne sont guère dramatiques à l’école : 0 pour copie, note divisée par deux, devoir à recommencer, punitions, quelques heures de colle, exclusion du cours... Les professeurs, quand ils ne ferment pas les yeux pour éviter la polémique, jouent davantage sur la gêne ou la honte de coupables.
Lors des épreuves officielles (bac, licence, concours...) la sanction pour fraude demeure l’ interdiction temporaire ou définitive de se présenter à des examens. Elle est rarement appliquée, les instances concernées préférant étouffer et régler discrètement les affaires.
Au-delà du goût d’interdit et du côté potache des démarches, reprises dans des gags de comédies (le talon de chaussure-livre ou le bouton d’herpèsmicro du film Les sous-doués) et sur des sites Internet spécialisés, il convient de prendre conscience qu’il y a un marché de la triche ! On a toujours triché. On trichera toujours. Pourquoi ne pas en prendre le risque quand on sait que la surveillance laisse à désirer. La tentation est trop belle pour un étudiant perdu parmi des centaines d’autres au fond d’un amphithéâtre dans les rangées duquel personne ne circule pour vérifier l’honnêteté de chacun. Le laxisme encourage la témérité.
Mais que penser de ce candidat de E.S. au bac 2003 qui, au mépris des risques judiciaires encourus, avait engagé de bonnes âmes pour passer les épreuves à sa place ? A-t-il eu peur de l’échec ? At- il succombé à la pression de la réussite à tout prix? Était-ce un fumiste ? Même si c’est en partie vrai, il serait trop simple d’assimiler les tricheurs aux fainéants prêts à tout pour contourner le système. Les élèves ne trichent pas simplement par bravade. Ils le font pour avoir une bonne note, être félicités, se rassurer, montrer qu’ils sont capables... Les jeunes sont-ils trop sollicités ? Sans doute puisqu’au total le résultat final a plus de valeur que le travail fourni. Alors inutile de se comporter en moralisateur. Le discours présentant la triche comme un mensonge à soi-même, un refus de s’assumer, ne semble guère convaincant.
Tricher fait partie des règles du jeu, dont on sait qu’elles n’existent que pour être transgressées. Après tout, les mauvais joueurs sont des perdants!

La triche au bac

En cas de flagrant délit ou de tentative de fraude (incluant la manipulation d’un téléphone portable), le responsable de la salle y met fin sans interrompre la participation à l’épreuve du ou des candidat(s) concerné(s). Le candidat ne peut être expulsé de la salle qu’en cas de substitution de personne ou de troubles affectant le déroulement de l’épreuve. Un procès-verbal est dressé, signé par tous les surveillants ainsi que le ou les acteur(s) de la fraude.
Le chef de centre constitue ensuite un dossier transmis au recteur qui décide ou non d’engager des poursuites.
Les sanctions encourues par les fraudeurs vont du blâme à l’interdiction temporaire ou définitive de se présenter à des examens (même le permis de conduire) ou de s’inscrire dans l’enseignement supérieur.