Aussi, pour déclarer la maladie, l’enfant aura reçu de ses parents: un gène RET anormal ainsi que des mutations de gènes localisés sur les chromosomes 3 et 19.
Chaque individu possède une paire de chacun de ces gènes. Le père et la mère transmettent chacun l’un des 2 exemplaires du gène. Sur une fratrie, on peut donc trouver:
- Un enfant qui n’a reçu aucun des gènes mutants (enfant indemne),
- Un enfant qui a reçu 1 ou 2 gènes mutants (enfant indemne),
- Un enfant qui a reçu les 3 gènes mutants (enfant atteint, ou à risque très élevé de l’être).
Cette probabilité permet d’expliquer les cas isolés (formes sporadiques).
Cependant, la présence de ces 3 gènes de prédisposition n’est pas toujours suffisante pour que la maladie soit exprimée (phénotype). On parle de défaut de pénétrance. Il pourrait s’agir d’autres facteurs génétiques non encore localisés, ou de facteurs d’environnement (non directement lié aux gènes) qui permettraient ou non l’expression de la maladie. Par ailleurs, il semble que les filles aient généralement une meilleure « résistance » et déclarent ainsi moins fréquemment la maladie de Hirschsprung (seulement 20 % des cas). C’est la première fois que l’implication de plusieurs gènes, phénomène pressenti de longue date pour les maladies multifactorielles, est mise expérimentalement en évidence.
Par maladies multifactorielles, on définit les maladies causées par des facteurs multiples, à la fois génétiques et environnementaux; on retrouve certaines malformations congénitales (fentes labio-palatines, malformations cardiaques...) ainsi que de nombreuses maladies fréquentes de l’adulte telles que les maladies de l’artère coronaire, le diabète sucré, l’hypertension, l’obésité, la plupart des formes de cancers, certaines maladies psychiatriques (schizophrénie, psychose maniaco-dépressive).
Ce sont des maladies familiales qui ne suivent pourtant pas les règles de transmission classiques des maladies héréditaires (lois de Mendel). Il est généralement admis que plusieurs gènes sont impliqués dans la survenue de ces maladies. Toutefois, la preuve expérimentale de ce phénomène n’avait jamais été démontrée à ce jour.
Ces travaux ouvrent de réelles perspectives vers une meilleure compréhension des phénomènes impliqués dans les maladies multifactorielles plus complexes et démontrent l’apport que représente aujourd’hui la recherche sur les maladies rares dans la compréhension des maladies plus fréquentes.
Pour plus de renseignements sur la maladie de Hirschsprung, vous pouvez contacter l’Association francophone de la maladie de Hirschsprung (A.F.M.A.H.), Carole Chavel, présidente, 281, rue Fernand-Léger, 77190 Vosves, tél. 0164394253, afmah@wanadoo.fr; site web:
http://www.orpha.net/nestasso/AFMAH .