Jusqu’à 1833 ( la création d’une école dans chaque village) et 1882 (l’obligation scolaire), la part d’enfants fréquentant une école était faible. Seule une élite ( les enfants de notable et par la suite quelques enfants qui bénéficiaient d’un enseignement charitable) pouvait accéder à l’instruction. La religion a joué un grand rôle dans l’accès à l’école des plus démunis, peut-être pas dans par pure charité mais pour l’accès aux textes religieux. Il faudra attendre la révolution voire Jules Ferry pour que l’instruction est un but autre : réfléchir pour mieux contrer la religion !
Les débuts de l’instruction
- Fin Ve siècle
Avec la fermeture des écoles publiques à la fin du Ve siècle , aucun établissement ne dispense plus en Gaule d’enseignement officiel de la grammaire et de la rhétorique latine . Cela aboutit à une décadence du latin classique et à la disparition du grec. Ce déclin est rapide dans le nord de la France mais ralenti dans le sud où la civilisation de l’écrit est plus important dans les villes . Seules quelques grandes familles d’aristocrates gallo- romains et des bibliothèques du clergé disposent de livres qui permettent à accès à l’écrit.
- EPOQUE CAROLINGIENNE
L’Edit de 789 de Charlemagne demande qu’il y ait des écoles pour apprendre à lire aux enfants . Le siège de chaque évêché est désigné pour en abriter une , parallèlement aux ateliers d’écriture ou scriptoria pour la transmission de nouveaux manuscrits de l’Antiquité latine. Il existait également une académie et une école palatine ( du palais), la première étant réservée aux proches de l’Empereur et aux beaux esprits en quête de rhétorique latine et la seconde permettait de former les comtes (représentants de l’empereur ou du roi) ou administrateurs.
C’est à cette période que la littérature, l’usage de l’écriture et l’enluminure se sont fortement développés. Cet effort était d’ordre religieux puisqu’il servait à promouvoir la foi, la connaissance et la diffusion des textes sacrés et une meilleure formation des clercs. Il s’agissait d’aboutir à une meilleure connaissance des prières de la messe, des psaumes et des formules sacramentelles.
La renaissance carolingienne s’accompagne de la diffusion rapide d’une nouvelle écriture – « la minuscule caroline »- qui possède peu de ligatures et permet ainsi une écriture plus rapide.
- Début XIIe siècle
C’est au XIIe siècle qu’apparurent les premières universités qui accordaient la licence docendi , la licence pour enseigner. Les licenciés appartiennent à l’université et à la corporation des clercs qui tirent leur subsistance de leur enseignement dans les villes .
Pierre Abélard ( 1079-1142), outre sa liaison avec Héloïse, était connu par ses livres et ses joutes oratoires. Il enseigne dans différents lieux. Sous son impulsion un ensemble d’écoles, préfigurant l’université, s’installe sur la montagne Sainte Geneviève à Paris.
- XIIIe siècle
En 1215, le cardinal de Courson , légat du Pape , délivre ses premiers statuts officiels de l’université de Paris. Il s’agit d’une corporation de clercs qui proposent des facultés d’art , de droit canon, de médecine et de théologie. D’autres universités naîtront par la suite à Montpellier ( médecine), à Toulouse et à Orléans ( droit).
La majorité des étudiants paient leurs études . Les étudiants pauvres poursuivent leurs études dans des institutions charitables : les collèges.
En 1257, Robert de Sorbon - l’un des chapelains de Louis IX (Saint Louis) - fonde un collège qui accueille 20 étudiants en théologie, qui deviendra la Sorbonne, du nom de son créateur.
- XVIe siècle
En 1529, Guillaume Budé obtient de François 1er la création d’un collège royal qui devient le modèle pour tous les autres collèges. On y enseigne le latin , le grec (que Budé avait découvert en rencontrant un Grec mais le grec n’était pas alors une langue pratiquée) , l’hébreu, les mathématiques, la médecine… Malgré l’opposition de la Sorbonne et des conditions précaires ( les cours avaient lieu dans différents lieux), c’est un véritable succès et le successeur de François 1er- Henri II- double le nombre des lecteurs royaux chargés de dispenser l’enseignement.
Au XVIe siècle, le mouvement humaniste vient relancer le système éducatif.
Les humanistes ( Erasme, Copernic…) désirent forger un homme nouveau au savoir encyclopédique. Des traités ( « la civilité puérile d’Erasme…) aborderont le problème. Des collèges seront créés en mettant en place une pédagogie approprié à chaque age. Les humanistes correspondant en latin, cette langue avait une grande importance à leur yeux. L’enseignement était donc fondé sur une solide connaissance du latin à travers les auteurs antiques. L’enseignement y était individuel , encadré par des maîtres et comprenait des exercices écrits et oraux.
En août 1539, François 1er , par l’ordonnance de Villers-Cotterêts, impose le français comme langue administrative à la place du latin pour la tenue des registres paroissiaux, la rédaction des minutes notariales et celle des mercuriales fixant le prix des denrées.
En 1575, à Montpellier les 2/3 des artisans signent leurs actes notariés. Et dans la première moitié du XVIIe siècle à Paris 86% des hommes et 51% des femmes signent mais baisse de 20 à 25% à la campagne. Il reste dans le reste de la France, nombreux sont les villages où aucun enseignement n’est proposé outre le catéchisme par le curé.
Suite à la révocation de l’Edit de Nantes (1598), les écoles protestantes sont fermées. Les protestants continuent malgré tout l’alphabétisation de leurs enfants au sein de leur famille. Louis XIV dans une déclaration royale en 1698 pose le principe d’une obligation scolaire sous l’égide de l’Etat et le contrôle de l’Eglise catholique pour contrer l’héritage des protestants. Des maître et maîtresses sont établis « dans toutes les paroisses pour instruire les enfants de l’un et l’autre sexe des principaux mystères de la religion ». L’éducation était alors quasi exclusivement entre les mains de l’Eglise. Reste que peu de personnes ne savaient lire, qu’il fréquente ou non l’école de la paroisse.