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Frères et sœurs

« J’veux un p’tit frère! », « Ma sœur est une andouille! », « Mon meilleur copain c’est mon grand frère! », « J’en ai marre de toujours hériter des vêtements des grands! », « Mes parents sont bien plus tolérants avec le dernier qu’ils ne l’étaient avec moi », « J’suis l’aînée, pas la baby-sitter! », « Quel bonheur d’être enfant unique! » (...).

Que de sons de cloches différents qui font écho à la multitude des sentiments que ressentent frères et sœurs: amour, haine, rivalité, tendresse, jalousie, affection, complicité…
Tout dépend des circonstances, de l’âge, des besoins et des états d’esprit.

Ce problème des relations affectives entre frères et sœurs est bien délicat à gérer pour les parents qui doivent veiller à l’ éducation et l’ épanouissement individuel de leurs enfants.
La situation s’avère complexe dans notre société actuelle. Beaucoup de jeunes ne quittent pas le foyer parental avant 25-30 ans. Les familles recomposées comptent avec les « demi ». Tous ces mélanges de générations, personnalités et origines sont forcément explosifs!

En effet, qu’il s’agisse du physique, des aptitudes sportives, des résultats scolaires, en tant que parents nous sommes toujours tentés de comparer.
N’avons-nous jamais tenu ce genre de discours: « Notre aîné est plus scientifique, le second artiste et la petite dernière plutôt littéraire ». Si de telles remarques sont inévitables, il n’est pas recommandé de les faire devant les intéressés. Ils en ont déjà conscience et savent en jouer: une fratrie regroupe forcément des éléments rivaux et complémentaires. Cela risque de développer des rapports malsains: les enfants n’imaginent pas que l’amour est inconditionnel et ne se marchande pas. Ils acceptent mal l’idée que nous les aimons quels que soient leurs notes, leur poids, leur comportement… Sans doute parce que nos réactions demeurent parfois condamnables, notamment quand nous reprochons à l’un de nos enfants de ne pas être aussi brillant, doué, gentil, serviable que son frère ou sa sœur. N’oublions jamais que nous devons le considérer comme un être à part entière qui existe pour lui-même .

Alors mettons les qualités de chacun sur un pied d’égalité et favorisons la collaboration au lieu de l’émulation.

En cas de conflit, n’intervenons pas systématiquement pour donner raison à l’un ou à l’autre. La plupart du temps ils nous mettent à l’épreuve; inutile de tomber dans le piège. Si nos enfants s’accusent de s’empêcher de dormir, se plaignent de ne pouvoir cohabiter dans la salle de bains, se disputent le dernier yaourt, se soupçonnent de se voler des affaires… c’est juste pour manifester leur présence et tester nos réactions. De toute façon ils se construisent en échangeant des coups et des insultes au même titre que des fours rires et des secrets. En fin de compte le rôle des parents se limite à celui d’ arbitres des conflits graves . Il consiste tout autant à accepter de se faire aider par des spécialistes (psychologue, orthophoniste, pédopsychiatre…) lorsque la situation bloque.
Veillons surtout à respecter l’ordre des choses: les parents d’un côté, les enfants de l’autre. Nos aînés n’ont pas à nous remplacer auprès des plus petits, encore moins à nous faire la morale sur leur éducation par exemple. N’inversons pas les responsabilités, même si c’est agréable quelquefois de laisser les plus âgés gérer les crises, se lever pour déposer tout le monde à l’école voire assister aux réunions avec les professeurs…
Une bonne bagarre entre frères, une séance de maquillage entre sœurs, un cours de maths en commun autour de la table de la cuisine, une coalition pour une autorisation de sortie après minuit, une guerre au sujet du choix du programme télé… restent le lot quotidien de toutes les familles. Mieux vaut cela que le silence d’une maison où les enfants s’ignorent. Tant pis si rien n’est aussi idyllique que dans les sitcoms américaines car la réalité s’impose comme bien plus enrichissante!