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Les parents, les enfants et l’école
L’école est associée à l’enfance. D’ailleurs, quand nous quittons avec joie le système éducatif, nous n’envisageons pas une seule seconde qu’il faudra nous y frotter de nouveau, lorsque nous deviendrons parents.
Notre mémoire étant sélective, nous oublions les bêtises que nous avons faites en classe. Et il vaudrait peut-être mieux que nos propres parents oublient de montrer nos carnets de notes à leurs petits-enfants…
Entre espoir, rêve et réalité, l’école véhicule un imaginaire et une volonté de réussite (que nous n’avons pas toujours connue au cours de notre propre scolarité) pour notre progéniture. Ainsi, notre histoire avec cette institution a une répercussion sur la vision que nous en avons.
La parole de l’enfant
Quand nous scolarisons notre enfant, nous le laissons aller seul en cours et nous ne savons pas ce qui se passe réellement durant la journée. Dans les petites classes, il est possible de se renseigner auprès de lui bien sûr mais aussi de la maîtresse. Par la suite, cela se complique puisque nous n’avons que des contacts épisodiques avec les enseignants. Quant à la parole de notre rejeton, nous ne savons pas toujours s’il faut s’y fier car il comprend rapidement quelles sont nos attentes. Si nous le disputons quand il nous raconte qu’il se bat, il ne va pas tarder à omettre d’évoquer ses « exploits » qui nous contrarient pour privilégier ceux qui nous ravissent.
Un enfant peut soit respecter les volontés de ses parents, soit dissimuler ses actes pour paraître conforme à ce qu’ils voudraient qu’il soit. Pour protéger cette image idéale, il sera prêt à tout! Il ne s’agit pas forcément de mensonges, plutôt d’arrangements avec la réalité. Et à force de raconter selon « son » point de vue, il peut finalement croire que les choses se sont passées exactement comme il le relate. Il devient alors difficile de faire la part entre le vrai et le faux. Dans ce contexte, certaines situations risquent de déraper voire de s’envenimer, particulièrement quand nous ne savons plus à quel saint nous vouer. Nous avons toujours tendance à vouloir croire notre enfant. Pourtant il arrive fréquemment que des parents se précipitent à l’école, pensant que leur « petit » est une victime, alors qu’il porte la responsabilité des problèmes. C’est ce qui est arrivé à Valérie: son fils rentre un soir du collège légèrement « amoché ». Explication: « Ils me sont tous tombés dessus ». Très remontée, elle se rend chez le directeur dès le lendemain matin, bien décidée à demander comment son fils a pu se faire passer à tabac sans que personne ne soit puni. Après quelques explications, Valérie apprend que son fils rackettait ses camarades de classe, et qu’ils se sont unis pour lui donner une bonne leçon. Il faut donc savoir prendre un peu de recul avant de monter sur ses grands chevaux.
À l’inverse, il existe des parents qui mettent en doute la moindre parole de leur enfant. Ce dernier, craignant les remontrances, finit souvent par ne plus se confier, par chercher à se débrouiller seul, sans forcément choisir la bonne solution. C’était l’attitude adoptée par le plus grand nombre dans le passé et dont nous avons souffert. En fin de compte, entre confiance aveugle et doute généralisé, il convient de moduler sa façon de faire. Écouter son enfant demeure primordial; le croire aveuglément n’est pas conseillé. Réclamer plus de précisions auprès des autres protagonistes, prendre le temps de réfléchir… constituent des démarches indispensables pour éviter de se tromper. Elles permettront aussi à notre enfant de croire en nos décisions et de limiter ses affabulations. Il a besoin en effet de savoir que nous lui faisons confiance. Évitons encore de systématiquement réfuter la parole des autres (camarades, professeurs…) car cela peut le pousser à croire qu’il lui suffit de mentir pour ne pas avoir d’ennuis.