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Interdiction des distributeurs dans les écoles…


Régime sans sucre annoncé pour la rentrée 2005

La polémique a fait rage une grande partie de l'été dernier, à l'Assemblée comme au Sénat, à propos du projet de loi relatif à la politique de santé publique. Outre les questions de financement, de réglementation, de plan anti-canicule, de clarification des missions… celle de la lutte contre l'obésité s'est retrouvée au cœur d'une bataille opposant les médecins ainsi que certains députés aux industriels de l’agroalimentaire. Leur puissant lobby réussirait-il à obtenir la suppression des mesures visant d'une part à interdire les distributeurs automatiques d'en-cas dans les établissements scolaires, d'autre part à taxer les messages publicitaires concernant ces produits? Quel camp allait donc l'emporter: celui des vendeurs de « cochonneries » et autres promoteurs de diabétiques en surpoids ou celui des nutritionnistes raisonnables, inquiets pour nos enfants?
Après la courte victoire des premiers, les sénateurs ayant décidé de ne pas toucher aux distributeurs (dure loi du profit oblige…), les seconds ont finalement remporté le morceau (de sucre !) le 30 juillet, lorsque les membres de la commission mixte paritaire ont tranché. Le texte adopté comporte en effet les points suivants:
- interdiction, à partir du 1er septembre 2005, « des distributeurs automatiques de boissons et de produits alimentaires payants et accessibles aux élèves » à l'exclusion des distributeurs de fruits frais et d'eau,
- nécessité d'accompagner la promotion radiophonique et télévisée d'un message sanitaire agréé,
- à défaut du respect de l'obligation précédente, taxation à hauteur de 1,5 %.
D'aucuns diront que ce fut beaucoup de bruit pour pas grand-chose, que ce dispositif ne constitue qu'un symbole. Il n'empêchera pas les jeunes de grignoter, ni de préférer les sodas à l'eau minérale.
Les spécialistes ne doutent pas cependant qu'il limitera les tentations. Et au vu des chiffres, une action forte – même symbolique – devenait urgente. Rappelons qu'aujourd'hui en France un enfant sur sept souffre d'un excès de poids tandis que l'obésité infantile a augmenté de 17 % depuis 1980; parallèlement, la consommation de viennoiseries s'est accrue de 84 % et 62 % des publicités du mercredi portent sur des boissons gazeuses, biscuits et barres chocolatées. Les risques de caries, de maladies cardio-vasculaires, d'asthme, de cancers ont été multipliés par trois. De quoi pousser au sevrage les accros du bonbon! Alors, puisque le gouvernement vient d'effectuer un petit pas en matière de prévention, il revient maintenant aux adultes de continuer d'avancer et d'inculquer à leur progéniture une vraie hygiène alimentaire: 3 repas par jour (rien entre), des fruits frais en guise de goûter par exemple. Car, contrairement à ce que dit la chanson, les bons parents ne sont pas ceux qui donnent du sucre aux enfants!


Politique de santé publique :
principales dispositions concernant les jeunes


- contrôle médical « effectué de façon régulière » dans les établissements scolaires jusqu'à 16 ans;
- séance d'information annuelle, dans les collèges et lycées, sur les dangers du cannabis ;
- lutte contre l'obésité: interdiction des distributeurs automatiques dans les établissements scolaires à partir de la rentrée 2005; publicités télévisées pour les sodas et les confiseries devant contenir une information à caractère sanitaire, sauf versement d'une contribution à l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé;
- lutte contre le tabagisme: le prix du tabac ne pourra être inférieur à un niveau fixé par décret;
- doublement de la taxe sur les boissons « premix » (mélange de sodas et d'alcool).