Feuilleton à rebondissement, le retrait des distributeurs dans les établissements scolaires à la rentrée 2005 (1) connaîtra sans doute encore des aménagements au long de l’année.
En effet, l’AFSSA (2), après avoir encouragé ce retrait, s’est demandé s’il porterait sur toutes les machines ou simplement sur celles délivrant des boissons sucrées et des produits alimentaires manufacturés. Elle a finalement déclaré que l’interdiction ne devrait pas concerner les distributeurs de fruits et d’eau.
Interrogeons-nous donc sur la portée de cette décision: • L’idéal reste de ne pas manger entre les repas et c’était bien l’objectif de la suppression des distributeurs. Or, les enfants ne savent plus, n’acceptent plus d’avoir faim: au moindre petit creux, ils se précipitent sur la nourriture qu’ils ont sous la main, le plus souvent sucrée et/ou grasse.
• La publicité cultive son impact: une large gamme de produits ayant pour cible les enfants vient quotidiennement leur donner envie et surtout banaliser le « petit en-cas ».
• La publicité déforme légèrement la vérité: ce n’est pas parce qu’un produit est pauvre en matières grasses qu’il n’est pas calorique. Certains spots, comme celui d’une sucette qui annonce qu’elle ne contient pas de matières grasses, sont trompeurs. Effectivement les sucettes sont très riches en glucides, pas en lipides! Ce n’est pas pour cela qu’elles n’apportent aucune calorie et qu’elles ne provoquent pas de caries. De même, les desserts étiquetés –25 % de matières grasses restent saturés de gras et peuvent être très sucrés. Ce ne sont pas les publicitaires qui vont le révéler: leur cible privilégiée – les enfants / adolescents – est très influençable et constitue une manne pour l’industrie agroalimentaire. Rien que dans les établissements scolaires, on estime à 100000 les produits vendus dans les distributeurs.
• Le fait de supprimer les machines risque de déplacer le problème: plutôt que d’acheter des « en-cas » au sein des établissements, les jeunes se fourniront à la boulangerie ou chez l’épicier du coin avant de franchir la porte de l’école. La boulangère de notre rédactrice en chef, dont la boutique est située en face d’un collège, avoue qu’elle gagne plus d’argent avec les bonbons qu’avec le pain et la pâtisserie!
• Les sommes consacrées à l’achat de friandises s’avèrent très importantes. Si certains enfants dépensent 10 centimes par jour, d’autres n’hésitent pas à sacrifier jusqu’à 10 euros. Leur argent de poche passe en grande partie dans les sucreries et barres chocolatées, surtout en primaire et au collège. Le réduire ou le supprimer ne permettrait-il pas de limiter les « tentations »?
• Une éducation à la diététique paraît plus que jamais nécessaire aussi bien dans les établissements qu’à la maison. Car c’est la santé de nos enfants qui est en jeu. N’hésitez pas à nous donner votre avis sur ce sujet par courrier ou e-mail
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(1) Loi de santé publique du 9 août 2004.
(2) AFSSA: Agence française de sécurité sanitaire des aliments.