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La fatigue de l’enfant et de l’adolescent
Impossible de les tirer du lit le matin, de les faire s’endormir le soir, de les secouer dans la journée… les enfants, a fortiori les adolescents, affichent une mollesse alanguie, manquent d’énergie, piquent du nez à peine levés, se plaignent d’être exténués…
Les jeunes seraient-ils tous de sales paresseux, de vils tire-au-flanc ? Non, ils se sentent sincèrement fatigués: c’est le cas de 40 % d’entre eux d’après l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale).
Cette fatigue ou asthénie, souvent passagère, conséquence logique de la croissance, de l’énergie déployée à l’école et d’une vie « trépidante » (loisirs nombreux, transports, couchers tardifs…), n’a en général rien d’alarmant. Elle se soigne aisément avec des vitamines et des siestes réparatrices. Néanmoins, elle masque parfois des problèmes plus graves, notamment une maladie (leucémie chez les petits, mononucléose chez les plus grands par exemple), un trouble du sommeil, des angoisses voire une dépression… nécessitant des traitements médicaux appropriés. Il s’agit donc de rester vigilant. Le fameux « coup de barre », dont la jeunesse est la première victime, ne se prend pas à la légère, surtout quand il dure. D’où l’importance de bien l’identifier, d’en comprendre les mécanismes pour mieux le prévenir et y remédier.
Les différentes formes de fatigue
Il existe non pas une mais plusieurs asthénies. Les principales sont:
- la fatigue naturelle qui correspond à une « désynchronisation » entre rythme biologique et contraintes professionnelles, économiques ou sociales ; comme le corps ne parvient pas toujours à s’autoréguler, il souffre des changements de rythme et autres décalages horaires (heure d’hiver - heure d’été, nuits blanches, grasses matinées du week-end rendant le réveil du lundi difficile, semaine de 4 jours ne permettant pas aux écoliers de « récupérer » progressivement, retours de vacances éreintants…);
- la fatigue musculaire qui survient après un effort physique intense; la fulgurante impression d’épuisement disparaît rapidement après un repos ou l’absorption de sucres;
- la fatigue nerveuse ou surmenage qui résulte de la multiplication d’activités à la fois physiques et mentales complexes à mener de front: surcharge de travail (semaine de contrôles en classe, concours à passer…), tension psychologique (stress à l’approche du bulletin scolaire, dispute avec des camarades, mauvaise ambiance en cours…), choc émotionnel (décès dans l’entourage, divorce…); cette pression entraîne essentiellement une baisse de la concentration et de la capacité à mémoriser ainsi que des sautes d’humeur;
- la fatigue organique qui découle de soucis de santé (infection, cancer, prise de médicaments); elle se traduit par un état de faiblesse permanent, une mobilité restreinte, un besoin constant de dormir;
- la fatigue chronique qui mêle atonie, inertie, mélancolie, somnolence, étourdissements… Encore largement inexpliquée, elle peut s’associer au SFC (syndrome de fatigue chronique) – guère reconnu en France, très étudié aux États- Unis – maladie d’origine obscure (virus, déséquilibre psychique?) et qui empêche de mener une existence normale.
Ces asthénies se conjuguent ensemble. Elles vont et viennent selon les saisons (moral meilleur en été), les âges (crise d’adolescence générant des hauts et bas côté forme), les événements (fébrilité pendant les examens)… Il est prouvé que les élèves demeurent plus réceptifs aux nouvelles connaissances à certaines heures de la journée et qu’ils apprennent mieux entre mars et mai: l’effet bénéfique de la lumière du soleil réduit la fatigue naturelle. En outre, il reste excessivement difficile de faire face à la fatigue nerveuse induite par la scolarité en cas de maladie.
Alors, puisqu’elles s’alimentent les unes les autres, comment dépister et reconnaître les asthénies?