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L’école, côté cour… de récréation

jouer, apprendre et se battre
Marelles tracées sur le sol à la craie, petites filles sautant à la corde, petits garçons jouant au ballon et s’interrompant pour se mettre sagement en rangs au son de la cloche… Telle est l’image idyllique de la récréation, immortalisée par les célèbres clichés de Robert Doisneau. Souvenirs en noir et blanc sur papier glacé, nostalgie d’une époque révolue ? Indubitablement, car cette ambiance ludique « bon enfant » n’est plus de mise.


Terrain glissant…

Certes, les élèves s’amusent toujours dans la cour. À cette occasion, ces derniers (comme les enseignants d’ailleurs) peuvent souffler, se défouler, recharger les batteries, se détendre, pratiquer des activités variées, nouer des relations d’amitié avec des écoliers d’âges différents… Ils sont ensuite plus disposés à travailler et comprennent mieux les notions abordées en cours. À condition toutefois que chaque récréation se déroule dans la joie, la sérénité, en toute tranquillité.la cour d école 238









































Malheureusement on parle davantage aujourd’hui d’accidents, de sévices ou de racket, que de chat perché, comptines ou farandoles. Les chiffres ont de quoi inquiéter tant les parents que les pouvoirs publics. 60 % des manifestations violentes au primaire concernent les insultes et les brutalités (1). 4360 incidents ont été signalés en 2003- 2004, dont 994 à la maternelle (2). Et comment expliquer, comment comprendre, comment admettre le passage à tabac de cette fillette alsacienne de trois ans – frappée, griffée, mordue par ses camarades de cinq ans – qui a récemment défrayé la chronique? (3).
Que se passe-t-il donc? Nos chères têtes blondes seraient-elles en train de se métamorphoser en vulgaires bêtes féroces? La cour de récréation semble se transformer en terre brûlée. À qui la faute? Aux enfants qui renferment des trésors d’égoïsme et d’intolérance, aux adultes qui baissent les bras devant leur mission éducative, à la société qui incite aux dérives comportementales, aux médias qui font leurs choux gras des actes à caractère raciste ou des agressions spectaculaires (mise à sac, usage d’armes)? Peu importe en fin de compte. Tout le monde a sa part de culpabilité. Le vrai problème reste de remédier à cette situation critique.
Il est bien sûr hors de question de remettre en cause les pauses du matin et de l’après-midi, reconnues comme nécessaires et participant de l’apprentissage: « Les récréations sont des temps d’éducation qui sont organisés et exploités dans cette perspective par ceux qui en ont la responsabilité » (4). Il convient en revanche de repenser les choses pour tenter d’instaurer un ordre nouveau dans lequel les enfants pourront s’épanouir en liberté (mesurée) et sans danger.

 
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