Fournitures scolaires : l’avis d’une maman...
1er juillet: aujourd’hui, armée de la liste, je vais acheter les fournitures d’école pour mon fils Louis, qui rentre en quatrième.
Tâche ardue s’il en est, car tous les professeurs semblent s’être mis d’accord sur une chose: cette année, il faut impérativement du gros, du lourd, de l’encombrant!
Ainsi, en lieu et place du format standard 21 x 29,7, si pratique, nous devons acheter du 24x32, plus cher, plus grand, plus difficile à trouver… Et à caser dans le cartable. Si l’un demande des petits carreaux, l’autre réplique en exigeant du seyes: inutile donc d’espérer m’en tirer en achetant par lots, je dois calculer le nombre exact de cahiers à la pièce, selon les désirs de chacun.
Un des professeurs, sans doute un culturiste contrarié, n’hésite pas une seconde à commander le magnum, que dis-je, le jéroboam des cahiers: 192 pages, couverture renforcée, dos toilé. En visant bien, on devrait arriver à assommer un bœuf avec ça.
Mais ça n’est rien comparé à la folie des grandeurs du prof d’histoire-géographie, qui ne demande pas moins de quatre cahiers… Quatre? Mais pourquoi? Dans « histoire-géo », il y a souvent « instruction civique », j’en conviens, mais la quatrième matière, vous savez ce que c’est, vous? Bref, si je puis dire, ma quête du cahier touche à sa fin, je fais la queue à la caisse en comptant et recomptant les petits et grands carreaux, tous différents, mais tous énormes.
De retour à la maison, par curiosité, je pèse le sac de matériel. II y en a pour sept kilos. Sept. Sans les livres, bien entendu.
Avec la panoplie de stylos de toutes les couleurs (sauf le vert, que personne n’utilise jamais, et que les profs s’obstinent à réclamer d’année en année), Louis va en écrire des choses dans tous ses cahiers!
Eh bien, pas du tout. Tout au long de sa quatrième, ses professeurs vont lui distribuer d’horribles photocopies illisibles, qu’il devra coller sur les pages de ses cahiers! Je le sais, c’était comme ça l’an dernier! De plus, les spirales étant formellement interdites, aucun moyen de se débarrasser en cours de route des pages cochonnées… D’ici fin avril, donc, entre les 192 pages de Musclor, là, les quatre cahiers de l’autre «psychopathe » et les affreuses photocopies collées de travers à toutes les pages, le poids du cartable aura doublé.
Et je n’ai pas encore vu l’emploi du temps, mais, à tous les coups, il est calculé pour que les enfants se traînent chaque jour l’intégralité du matériel, comme ça on est sûr que pas un d’entre eux n’échappera à la scoliose. Avant, c’étaient les vieux qui allaient se faire arranger les vertèbres, maintenant, ce sont les enfants. Nos amis de l’Éducation nationale ont-ils tous un cousin kiné?
Isa Python
dessinatrice, maman de 3 enfants
isapython@yahoo.fr
