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La lettre des parents a 20 ans

En 1985 paraissait le premier numéro de La lettre des parents. À cette époque, seuls quelques initiés la recevaient. Depuis, leurs enfants qui étaient déjà dans le secondaire, ont eux-mêmes eu des enfants. Ainsi, après avoir connu notre revue dans leur jeunesse, ils s’abonnent à leur tour pour aider leur propre progéniture.

Et nous recevons régulièrement des lettres de parents, mais aussi d’enfants, qui nous remercient de leur avoir prodigué des conseils, de les avoir conduits sur une voie d’orientation qui s’est avérée être le chemin de la réussite, de leur avoir donné espoir alors que tout semblait bien noir (redoublement, échec scolaire…). Une telle fidélité nous encourage à continuer!
Nous avons de plus l’impression de remplir notre mission, celle que Jean Laruelle*, le fondateur de La lettre des parents, avait tracée: informer les parents, les aider dans leur rôle éducatif, quand tout va bien comme quand tout va mal. C’est lui qui nous a transmis en héritage la confiance qu’il avait dans la jeune génération et dans sa capacité à relever les défis. Il pensait que chaque enfant avait un objectif à remplir dans la vie, à charge pour ses parents de le soutenir, de le stimuler, sans l’étouffer: « Il n’y a pas de mauvais enfants ni de mauvais élèves; il n’y a que des enfants mal accompagnés, qui n’ont pas été poussés à découvrir leur véritable potentiel ».

Voici donc deux décennies que nous essayons de poursuivre son œuvre, en dirigeant les parents dans la bonne direction, de façon à ce qu’ils deviennent des guides, des références pour leurs enfants. Et notre revue s’est développée au fil des années, sans publicité tapageuse.

Elle a su trouver son lectorat: des personnes simplement soucieuses pour l’avenir de leur progéniture. Bien sûr, le profil de nos lecteurs a changé : les enfants ont grandi et les besoins de renseignements sur l’orientation ont évolué. Toutefois, le constat reste le même: si l’information existe en abondance, elle passe mal et échappe à une majorité de parents. Pire, ils n’y accèdent jamais au moment où ils la recherchent, où ils en ont besoin. Ils se reposent entièrement sur les établissements et se rendent compte trop tard que d’autres possibilités plus adaptées étaient envisageables. Face à une administration qui demeure rigide, où des réorientations restent possibles en théorie mais nettement plus difficiles en pratique, l’essentiel est de pouvoir faire les bons choix à l’instant opportun. Il faut être en mesure d’aider son enfant dans les périodes critiques (dans certaines classes, lorsque les notes chutent…), de lui faire accepter de redoubler plutôt que de subir une orientation non voulue, de lui apprendre à gérer son futur en se donnant les moyens d’opter pour la voie à laquelle il se destine.

Il ne s’agit pas de se braquer contre les professeurs ou le chef d’établissement. Il s’agit plutôt de pousser son enfant à donner le meilleur de lui-même, à trouver le cursus qui lui convient le mieux et de le préparer à devenir un adulte responsable qui pourra prendre son avenir en main. C’est pourquoi la place des parents est si importante. Ils doivent toujours être là pour apprendre aux jeunes que leur comportement et leur investissement ne seront des alliés que s’ils fournissent des efforts. En effet, s’ils attendent passivement, s’ils ne respectent pas les autres, ils ne progresseront pas.

Car, si le système éducatif s’est bien transformé en 20 ans, si un grand nombre d’élèves accède au bac et à l’enseignement supérieur, la réussite passe toujours par le travail et le sérieux.
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* Jean Laruelle a créé La lettre des parents en juin 1985 et l’a dirigée jusqu’à son décès en mars 1993.

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