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Niveau des élèves: « Tout fout-il vraiment le camp ? »
Des enseignements différents
Par ailleurs, pouvons-nous comparer nos savoirs avec les savoirs actuels des jeunes alors que l’enseignement s’est totalement renouvelé? Au siècle dernier, il se concentrait sur l’apprentissage du français (en particulier de l’orthographe), de l’histoire et de la géographie. Des dictées étaient proposées dès l’entrée en élémentaire, chaque jour au début du XXe siècle et au moins chaque semaine dans les années 70: de quoi faciliter l’entretien d’automatismes désormais abandonnés. De même, si nos grands-parents connaissent sur le bout des doigts les régions, les départements ou les chefs-lieux, c’est qu’ils les avaient appris par cœur et récités en classe, forme d’enseignement qui n’est plus pratiquée depuis longtemps dans les écoles. Donc, à moins de s’amuser pendant les grands trajets en voiture à retrouver le département des véhicules croisés, ce savoir risque de disparaître. De toute façon, est-il vraiment indispensable au quotidien? Que dire encore des grandes dates de l’histoire de France? Le fait de les connaître n’est plus une priorité puisqu’il suffit d’ouvrir un livre d’histoire pour les retrouver.
Plus délicat semble le cas de l’orthographe. Sa connaissance est fondamentale pour la sauvegarde de notre langue. Certes, autrefois il paraissait aisé de trouver des personnes sachant écrire sans faute – au moins pour un usage courant. N’oublions pas toutefois les cancres du fond de la classe qui exis- taient déjà bel et bien, condamnés à l’illettrisme à vie. Ils existent toujours malgré la massification de l’enseignement. Tous les enfants vont à l’école tandis que le nombre des hermétiques aux règles orthographiques ne diminue pas. S’ajoute à ce triste constat un autre phénomène: de nos jours, la maîtrise (presque) complète de l’orthographe est rendue quasi impossible par les cycles d’apprentissage. Sans oublier une différence d’objectifs : avant, les élèves étaient surentraînés pour réussir le certificat d’études, en particulier pour l’épreuve de la dictée où le zéro était éliminatoire; cet enjeu a disparu. Ce n’est pas un mal, au vu de la tension, du stress et des méthodes coercitives parfois cruelles (punitions, coups sur les doigts, blâmes, rythmes intensifs…) que cela engendrait, sans pour autant conduire tous les élèves au succès!