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Niveau des élèves: « Tout fout-il vraiment le camp ? »


Parents responsables

N’accusons pas les concepteurs de programmes ni les enseignants de tous les maux. Nous, parents, sommes aussi responsables. Quel professeur ne s’est pas vu reprocher d’enseigner des règles « totalement dépassées » sous prétexte qu’un enfant a obtenu une mauvaise note lors d’un contrôle sur le conditionnel ou sur la ponctuation ou parce qu’il a retiré 2 points pour les 30 fautes contenues dans un devoir d’instruction civique? Finalement, nous nous préoccupons davantage des notes que du véritable apprentissage.

Le résultat chiffré prend le pas sur la réelle maîtrise des notions apprises: pour le passage, le conseil de classe se base sur les moyennes et l’admission dans les filières sélectives du supérieur dépend du dossier scolaire… Des lacunes peuvent persister, cela n’a pas d’importance du moment où elles ne font pas chuter les notes. Les notions de capacité, d’effort, d’application n’ont que peu d’importance à nos yeux. Dommage… elles contribuent plus que jamais à la réussite.

La baisse du niveau se révèle être un leurre. Effectivement nos enfants n’ont pas les mêmes connaissances que nous ou nos grands-parents. Ils sont moins bons en orthographe. Mais peut-on leur en vouloir de ne pas avoir suivi les mêmes enseignements? Les exigences sont différentes, les apprentissages ne se situent pas au même plan. Si leurs savoirs sont moins pointus, le développement de leurs capacités n’est pas le même: au fur et à mesure des années, l’Éducation nationale a voulu leur en fournir un maximum tout en leur demandant de ne plus être des chiens savants. Leur donner la possibilité de réfléchir, de se construire par eux-mêmes en fait des enfants peut-être mieux armés pour l’avenir.

À bien y réfléchir, notre école d’antan était-elle si idyllique? En voudrions-nous vraiment pour nos enfants? Nous avons connu le temps du « dressage » qui faisait de l’effet dans certains domaines et fonctionnait sur certains élèves. Beaucoup d’autres n’ont pas réussi à supporter la pression et n’ont jamais pu accéder aux études.

L’école d’aujourd’hui n’est peut-être pas si mal que cela… Et elle peut encore s’améliorer, si tout le monde s’y met avec objectivité.

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(1) Auteur de La crise de la culture littéraire (1929).


 
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