» » »
Comment gérer les ados ?
Quand vos enfants étaient petits, vous avez déjà dû apprendre votre « métier » de parent. Maintenant qu’ils ont grandi, il vous faut tout réapprendre. En effet, si l’adolescence est une période difficile à vivre pour les enfants, elle l’est peut-être davantage pour les parents qui se retrouvent obligés de gérer leurs rejetons. Face à vos «ados », vous perdez vos repères, vos certitudes… Surtout, vous recherchez désespérément des moyens de communication pour garder le lien avec ces hybrides qui ne sont plus des enfants mais pas encore des adultes. Quel rude dilemme!
La chrysalide
De même que la chenille se transforme en chrysalide avant de laisser éclore un beau papillon, l’enfant devient adulte en faisant une étape dans l’univers de l’adolescence. Cet état de fait est inévitable: tout le monde est passé (ou passera) par-là. Et, très étrangement, chacun ne garde que peu de souvenirs de cette époque. Ils sont très sélectifs, concernant soit les meilleurs moments, soit les pires. L’esprit adulte semble tirer un trait sur la plupart des aspects relatifs à « l’âge bête », la souffrance, les inquiétudes… Ainsi, pour comprendre votre ado, vous avez intérêt à effectuer un véritable travail sur vous-même afin de vous remémorer autre chose que vos premières amours (même platoniques) ou votre bande de copains. C’est la seule façon d’aider votre enfant à surmonter cette épreuve, à se construire dans le futur.
Par ailleurs, l’adolescence s’accompagne d’une modification hormonale et comportementale engendrant parfois un mal-être qui peut se cacher derrière une forme de violence (verbale, gestuelle envers ses proches ou vis-à-vis de lui-même), des difficultés relationnelles voire une dépression pouvant conduire au suicide. L’adolescent est donc un être à manier avec précaution! Aux parents d’assumer moins une mission d’éducateurs – normalement l’éducation est achevée – que de guides (ce terme sera expliqué par la suite). Puisque votre enfant se transforme, votre relation avec lui doit aussi changer ou tout du moins évoluer. Quand il était petit, vous étiez omnipotent à ses yeux; tout ce que vous disiez était parole d’évangile; vous aviez toujours raison. Une fois adolescent, il remet tout en cause: alors que l’enfant est tourné sur sa famille, l’adolescent prend ses marques avec ses amis. Cela participe de la socialisation. Ne vous en inquiétez pas: la famille reprend sa place à l’âge adulte.
Ce qu’il faut supporter
Dans cette optique, la bande de copains (ou de copines) constitue le noyau dur de la vie des adolescents. Ces derniers partagent de bons moments avec leurs camarades (sorties cinéma, soirées, discussions sans fin au bistrot…). Et s’ils ne sont pas ensemble, ils passent des heures au téléphone… D’où l’attrait de nombreux jeunes pour les nouvelles technologies qui permettent de communiquer (exclusivement) avec d’autres jeunes. Portable, Internet, messageries instantanées, blog ou consoles de jeux ont un rôle direct dans la communication (rester en contact les uns avec les autres) ou indirect (parler entre eux de sujets purement « adolescents »). Les adultes sont forcément exclus de cette dynamique qui exige le respect de la « norme »:
- vestimentaire = avoir les mêmes codes vestimentaires que les copains, s’habiller comme eux,
- verbale = langage spécifique à un groupe qui varie en fonction des villes, des quartiers, des groupes,
- culturelle = regarder les mêmes films, s’intéresser aux mêmes jeux, aux mêmes gadgets comme le MP3, posséder le même sac de la même marque… mais aussi – sans caractère systématique
– se cantonner dans le même milieu social, racial.
Les adolescents, craignant de se retrouver seuls, ont besoin de leur tribu pour avoir l’impression d’exister, de jouer un rôle dans un groupe. C’est dans ce milieu « communautaire » sécurisant pour eux qu’ils apprennent la vie en société et qu’ils se forgent leur personnalité.