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L’apprentissage au CFA

Le CFA est un Centre de Formation d’Apprentis. Tout jeune inscrit dans ce type d’établissement prépare gratuitement un diplôme professionnel : CAP et BEP bien sûr mais aussi Bac Pro, BTS et éventuellement maîtrise ou DESS/Master.

Il suit son cursus en alternance, passant 1 semaine au CFA où sont dispensés des cours dans les matières générales (français, mathématiques, histoiregéographie, sport…) et pratiques (réalisations techniques en atelier, montages de dossiers…) puis 2 ou 3 semaines dans une entreprise qui l’emploie et le rémunère au titre d’apprenti. Le CFA n’est donc pas l’équivalent d’un LEP dont les élèves, scolarisés à temps plein, ne fréquentent les entreprises que lors de 2 courts stages (quelques semaines sur une année).
Ainsi, intégrer un CFA revient à effectuer ses premiers pas dans le monde du travail , à se frotter à la réalité du terrain, tout en continuant des études qui peuvent mener loin: les plus ambitieux deviennent maîtres d’oeuvre ou parfois ingénieurs!


Petite mise au point


L’apprentissage souffre d’une très mauvaise image. Pourtant, certains secteurs, comme l’hôtellerie, le bâtiment, l’alimentation ne recrutent pratiquement que par ce biais. Encore trop souvent associé à un échec par les familles et résultant dans bien des cas d’une orientation par défaut, il constitue malgré tout une opportunité intéressante:

- qui permet aux jeunes en difficulté de reprendre confiance en eux lorsqu’ils découvrent un métier (parmi les 500 répertoriés) dans lequel ils décident de s’investir,

- qui représente une étape dans un parcours scolaire chaotique: un élève a la possibilité de retourner en voie générale ou technologique après un passage au CFA,

- qui n’empêche pas de viser haut: les diplômes de niveau bac + 5 demeurent accessibles en alternance,

- qui garantit un taux d’insertion professionnelle honorable: entre 50 % (échelon CAP) et 70 % (échelon BTS) des apprentis sont embauchés par la société où ils ont été formés,

- qui amène un revenu non négligeable (de 25 % à 78 % du SMIC, selon l’âge et l’ancienneté) et donne accès tant à l’assurance sociale (maladie, vieillesse, maternité, accident du travail) qu’à l’allocation logement.

Attention néanmoins à ne pas idéaliser ce système. L’ambiance en CFA se révèle rude. Il n’est pas évident de concilier école et emploi, de trouver un maître d’apprentissage, de signer un contrat annuel, de supporter un rythme « alterné » par conséquent « décalé », d’accepter de se faire donner des ordres pour assumer des tâches subalternes, rarement gratifiantes au début. Par ailleurs, les classes apparaissent hétérogènes, mêlant des adolescents de 16 ans avec des quasi adultes de 20-22 ans, ce qui génère une ambiance tendue. Tous les élèves ne sont pas forcément bien intégrés dans leur entreprise, les uns provoquent leurs camarades, les autres cultivent l’absentéisme. Le bizutage, le sexisme (filles mal vues en mécanique, garçons exclus en esthétique), la violence, la drogue… existent, comme partout. Il ne faut pas se leurrer: l’expérience n’est positive que sous certaines conditions . Un projet doit être construit. La branche choisie doit plaire, correspondre à des besoins économiques (le secrétariat offre moins de débouchés que la santé) et ne pas être imposée. Or, tous les CFA ne proposant pas tous les diplômes, les places sont chères. Un grand nombre d’établissements imposent même désormais des tests ou entretiens de motivation. Loin d’être la solution miracle, un apprentissage ne s’aborde pas à la légère.


 
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