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Bac : le comment et l’après
7 « effets » capitaux
1) Le niveau à l’entrée en 6e est déterminant. Les enfants qui ont accumulé du retard (un ou deux redoublements dans le primaire), souvent associé à des difficultés en français et en mathématiques, n’atteignent presque jamais le cycle supérieur.
C’est l’inverse pour ceux qui entament le collège dans les temps ou avec un an d’avance et qui ont d’excellents résultats aux évaluations: les 3/4 décrochent un diplôme équivalent à une licence ou une maîtrise.
2) Le sexe joue également un rôle discriminant où les filles l’emportent: 70 % ont le bac face à 56 % de garçons. Car elles arrivent plus jeunes en 6e et affichent de meilleures notes jusqu’au supérieur qui représente un seuil. En outre, même en échec scolaire, elles sont moins poussées vers les CAPBEP que leurs camarades masculins, bénéficiant plus facilement d’une orientation vers les sections littéraires (L), technologiques (STT/G, SMS).
Ces sections, par conséquent très féminisées, les conduisent en majorité vers l’université (lettres, sciences humaines, médecine) ou les écoles spécialisées (infirmières, assistantes sociales, pédicures- podologues).
3) Le passé scolaire des familles pèse d’un certain poids dans la balance puisque 26 % des jeunes dont les parents n’ont pas suivi de cursus supérieur ne sont pas diplômés, contre 15 % de ceux dont le père ou la mère a fréquenté la fac. Et quand les parents n’ont pas le bac, leurs rejetons bacheliers optent plutôt pour des voies courtes de type BTS ou DUT.
4) L’origine sociale des élèves n’est pas à négliger non plus: aux privilégiés les bons dossiers et les filières longues, aux autres les orientations prématurées et les filières à durée réduite. 85 % des enfants d’enseignants et de cadres obtiennent le bac pour à peine 45 % des enfants d’ouvriers et d’artisans. De plus, ces derniers se placent moins bien en supérieur, 20 % seulement ayant un diplôme de niveau bac +3 contre 60 % pour les premiers. Se dégagent encore des différences au sein des catégories socioprofessionnelles dans la mesure où les « fils de profs » l’emportent d’une tête sur les « fils de cadres ».
5) L’examen de la nationalité montre que les entrants en 6e qui ne sont pas français ou en provenance de l’étranger sont désavantagés dès le départ: 4 sur 5 sortent de l’école non diplômés.
6) La nature du bac obtenu s’avère fondamentale: 93 % des bacheliers S terminent leurs études supérieures auréolés d’un diplôme, loin devant les 80 % de L et les 56 % de STT/G. Le taux d’échec dans la foulée du bac général littéraire est important.
Les bacs technologiques et professionnels industriels dégagent des perspectives nettement plus optimistes (à 3 contre 1) que leurs équivalents tertiaires. Les débouchés à long terme ne sont certainement pas les mêmes.
7) L’orientation post-bac demeure décisive. Entamer un cursus sélectif, très concurrentiel et/ou connu pour ses exigences élevées (prépa, IUT) sitôt après le lycée, garantit un diplôme supérieur dans plus de 90 % des cas, quitte à se réorienter ou changer de voie après un revers aux concours des grandes écoles. Les jeunes « poussés », « motivés » rebondissent vite en général. La situation est en revanche mitigée pour ceux qui choisissent la faculté. Si les bacheliers généraux s’intègrent aisément dans le moule DEUG puis licence, leurs camarades des séries technologiques et professionnelles n’ont que 30 % de chances de réussir…
D’accord, la diversité des itinéraires résulte de variantes tant aléatoires qu’évolutives: un excellent élève peut redoubler sans que cela n’ait aucune incidence sur la suite de sa scolarité, des enfants d’ingénieurs non diplômés côtoient des PDG issus des classes ouvrières, un bachelier est moins armé sur le marché du travail que le titulaire de certains CAP… Fort de ces exemples, malgré la proportion inquiétante de jeunes sans qualification suffisante pour accéder à l’emploi, tout le monde s’accorde à dire que le déterminisme en matière de scolarité n’existe pas. Encore faut-il admettre qu’il reste beaucoup à faire et qu’agir (après avoir constaté) n’est pas superflu!