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La politique de l’éducation
Edito
Remaniement de la carte scolaire, procédures d’orientation incohérentes ou débouchés inexistants pour les jeunes diplômés sont au cœur des préoccupations actuelles. L’éducation reste un sujet plus épineux que jamais, et pas seulement pour nous parents. Les Français en général aiment à jeter de l’huile sur le feu de cette pauvre école de la République, inadaptée, inefficace voire démissionnaire… autant de critiques qui se répètent à l’envi depuis Jules Ferry, puisqu’en 1893 déjà certains se plaignaient « du manque de fermeté dans l’éducation » tandis que Gilles de Robien fustige aujourd’hui ces étudiants d’IUT, fiers bacheliers, qui ont fait plus de 15 fautes dans une dictée de vingt lignes!
Or, quoi de mieux en ces temps de fêtes « électorales » que de s’emparer de ce thème, un rien caricatural, de la décadence scolaire? Candidats déclarés (ou non), députés, et membres du gouvernement ont saisi l’enjeu que cela représente aux yeux d’un électorat potentiel, qu’il est bon de « flatter » au gré des sondages. Ainsi, ils ne tarissent pas de propositions pour améliorer l’avenir de nos enfants. Ils affirment souhaiter (comme nous au demeurant!) moderniser le système, permettre la réussite des élèves, garantir la réalisation des aspirations de chacun… Et les mesures promises ou les réformes annoncées fusent de toutes parts: rénovation de l’enseignement de la grammaire, révision des horaires de travail des professeurs, procédure de (pré)-sélection à l’entrée de la faculté, instauration d’études du soir jusque 18 h dans les collèges…
En voilà de belles idées! Sauf qu’elles ne datent pas d’hier, ne vont rien régler dans l’immédiat et n’effaceront certainement pas les difficultés scolaires que rencontrent les jeunes. Sans oublier qu’elles ne plaisent pas à tout le monde et déclenchent plus de crises qu’elles ne résolvent de problèmes, à l’image de la polémique autour des méthodes de lecture (globale/syllabique) ou de la professionnalisation de l’université. Avouons-le, nous tournons allégrement en rond dans la cour!
Bien sûr qu’il est nécessaire de motiver, d’encourager les enfants et les familles. Nous savons cependant qu’il ne s’agit que de (vaines) promesses. Comme si des rapports ou des projets allaient rendre nos rejetons brillants, investis, travailleurs malgré eux! D’ailleurs, combien ont été appliqués sur le terrain? Pour quels résultats? Tiens, à ce propos où en sommes-nous vraiment du grand débat sur l’école? Euh… au socle commun et à quelques progrès discrets relevant d’abord d’initiatives personnelles et d’un bénévolat énergique fondé sur le dévouement isolé d’enseignants, de parents, de chefs d’établissements, d’élèves, d’étudiants. À croire que l’école reste une affaire d’âmes (pas d’ânes surtout!). C’est donc à nous d’agir en amont des politiques. Car ce n’est pas l’école qui fait le bon élève mais le bon élève qui fait la bonne école…
Toute l’équipe de La lettre des parents