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Déminer la violence en 2007
C’est avec une très grande inquiétude que nous considérons le comportement des jeunes en général, de nos enfants en particulier.
Quel parent n’a pas été bouleversé par le dramatique décès du jeune Carl au collège Albert Camus de Meaux? Comment ignorer toutes les incivilités qui se manifestent chaque jour? Entre agressions, « happy slapping (1) », pont massacreur (2), jeux du foulard et autres sévices que les établissements scolaires vivent au quotidien, un point commun se détache: la violence gratuite qui n’est jamais une nécessité. Il n’est pas question de voler ou de frapper pour manger ou se défendre. Il est juste question de jouer. Et la jeunesse actuelle rivalise d’ingéniosité pour inventer des jeux stupides et dangereux, autant d’amusements qui ont souvent des conséquences irrémédiables, comme ce fut le cas à Meaux. Cet épineux problème, que nous constatons notamment chez les adolescents, ne se cantonne pas à l’Hexagone. Nos voisins européens (Espagne, Grande- Bretagne) ainsi que les pays du continent américain connaissent les mêmes débordements et s’avouent impuissants. Voilà près de deux ans que la police britannique s’évertue à sensibiliser l’opinion publique sur le phénomène du « happy slapping ». Sans succès malheureusement, puisqu’il continue de se développer: l’augmentation des patrouilles dans les quartiers dépourvus de caméras (n’oublions pas que les Anglais sont les champions de la vidéosurveillance) et les promesses de Tony Blair pour faire entrer de gré ou de force le civisme dans la culture des enfants n’ont rien changé. Idem en France où les déclarations des politiques et autres officiels sont restées lettres mortes! En outre, la violence des jeunes n’est pas une nouveauté: elle a toujours existé. Dès leur création, les cours d’école ont été un terrain de brimades, de batailles, de bastonnades, de « passages à tabac »… Par ailleurs, depuis le Moyen-Âge, chroniques et récits ne manquent pas d’épisodes relatifs à des groupes de jeunes agressant des personnes prises au hasard, dans le seul but de les humilier et de leur faire mal! Mais à la différence de ce qui se passe aujourd’hui, il s’agissait aussi d’une forme de revendication sociale car c’était fréquemment des paysans ou des pauvres qui s’en prenaient à des aristocrates ou des bourgeois.
Alors pourquoi un tel déferlement de brutalité encore maintenant? Par désœuvrement? Parce que les adolescents ne savent pas quoi faire pour s’occuper? Parce que le cinéma et la télévision véhiculent de « mauvais exemples »? Parce qu’ils ne mesurent pas la gravité de ce qu’ils font? Il est clair que les jeunes n’ont pas forcément conscience de la portée de leurs actes ni des risques qu’ils prennent ou font prendre. Néanmoins, les dérapages pourraient être évités si tout le monde acceptait d’assumer ses responsabilités éducatives. Tant que nous verrons des parents laisser leur progéniture agir à sa guise – sans lui inculquer les notions de bien et de mal – ou que des enseignants passeront dans la cour sans empêcher des bagarres, les enfants continueront à considérer la maltraitance comme un amusement!
C’est à nous de leur interdire l’usage de la violence, avec la plus grande fermeté. C’est à nous de leur expliquer ce que cela implique. Et n’attendons pas qu’ils soient au collège ou au lycée! Nous devons intervenir dès leur plus jeune âge – avant la maternelle – et continuer sans nous interrompre, même quand ils seront adultes! Nous voici avec bien du pain sur la planche de 2007, n’est-ce pas?
Des encouragements sous forme de vœux de bonne année, de réussite, de santé et de bonheur ne seront donc pas de trop!
Toute l’équipe de La lettre des parents
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(1) Agressions « gratuites » filmées sur un téléphone portable et diffusées ensuite sur le net ou envoyées sur d’autres portables.
(2) «Massacre» de la personne qui a vu passer le ballon entre ses jambes.