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Des « pensionnaires » donnent leur avis

Grégoire (12 ans, cinquième), Amélie (17 ans, seconde) et Damien (19 ans, « maths sup ») effectuent cette année leur scolarité en tant qu’internes. La Lettre des Parents les a interrogés. Voici un résumé de ce qu’ils pensent et de ce qu’ils vivent au quotidien.

LDP – Dans quelles conditions avez-vous rejoint votre internat?
  • Grégoire : En fait, je suis interne depuis le CM1. À cette époque, mes parents ont divorcé et ma maman a obtenu un poste en province. Moi, je ne voulais pas quitter Paris et mes copains, mais je ne voulais pas non plus habiter chez mon père et sa nouvelle compagne qui avait une fille de 4 ans. Alors j’ai proposé d’aller en pension, comme ma cousine qui y était déjà. Et je continue parce que j’aime beaucoup l’ambiance et les activités.
  • Amélie: Pour ma part, je n’ai pas eu le choix! Même si j’ai dit oui, j’aurais préféré une autre solution. Sauf que j’avais déjà redoublé ma troisième et que mes résultats ne s’amélioraient pas! Quand mes parents se sont aperçus que je séchais les cours, ils ont dit que j’avais besoin d’être recadrée. Nous avons contacté un institut qui a accepté de me prendre en seconde, après un stage de remise à niveau.
  • Damien: Admis en prépa, je n’ai rejoint l’internat du lycée qu’en janvier dernier. Comme il était complet en septembre, j’ai d’abord séjourné en cité U. Le problème c’est qu’il y avait vraiment trop de bruit et que je perdais deux heures aller-retour dans les transports. Finalement, un lit s’est libéré et maintenant je « vis » au lycée.

LDP – Appréciez-vous d’être internes?
  • Amélie: Ah, non! Pas du tout! Ici, je suis obligée de bosser, j’ai des cours de soutien quatre heures par semaine. Mes parents sont contents parce que mes notes ont remonté. Ils ont promis que si j’arrive à 14 de moyenne, je quitterai l’internat pour faire ma première dans le lycée de ma ville. J’ai hâte car je déteste le règlement… C’est nul! Pas de télé, pas de portable, pas de garçons, deux voisines de chambre idiotes! On ne fait que travailler!
  • Grégoire : Oh là, là! Il ne faut pas exagérer quand même! Si ce n’est pas la fête tous les jours, au moins nous ne sommes pas livrés à nous-mêmes et il y a toujours quelqu’un avec qui discuter ou échanger ses impressions. Personnellement, je m’ennuie moins à l’internat qu’à la maison. Tout est bien calculé pour faire des tas de choses à côté des heures de classe. Mes potes sont comme des frères. Des fois nous nous entendons bien, des fois nous nous disputons. Globalement quand même, c’est sympa.
  • Damien: Cette situation est très pratique pour moi. En tant qu’élève majeur, j’ai une chambre individuelle et la surveillance est relative. J’ai tout sur place. Pas besoin de me soucier des courses, de la lessive ou de la cuisine! Je n’irais pas jusqu’à dire que je suis comme un coq en pâte (cela vexerait mes parents et l’atmosphère de l’internat est un peu trop austère) mais presque. Je veux réussir mon concours et si je supporte la pression – il y a beaucoup de rivalités entre nous – j’y arriverai.


 
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