La SCOLARITÉ » Aide et services » VIE PRATIQUE - VIE QUOTIDIENNE
Élèves, parents, profs : le triangle infernal ?

Quand notre progéniture entre à l’école pour la première fois, nous devons la partager avec sa maîtresse. C’est alors le début d’un long parcours semé d’angoisses et d’incompréhensions pour les uns comme pour les autres. Chaque professeur juge non seulement ses élèves mais aussi leurs parents. Ces derniers – dont nous faisons bien sûr partie – trouvent toujours à redire sur l’attitude des membres de l’équipe éducative.

Ainsi, les rapports famille/école, au cœur desquels se situent nos enfants et avec lesquels ils jouent parfois, vont de la séduction aux tensions difficilement gérables.

Le fantasme du « bon professeur »

Les enseignants ont souvent envie d’être bien vus par les jeunes et leurs parents, tout en incarnant l’image du « bon pédagogue ». Sauf que cet idéal ne recouvre pas les mêmes réalités puisque chacun en a sa propre définition! Selon les points de vue, c’est celui qui transmet le savoir ou qui donne envie d’apprendre, celui qui impose son autorité ou qui entretient un climat serein… Par ailleurs, n’oublions pas qu’il y a un gouffre entre l’idée abstraite que se font les étudiants d’IUFM avant d’entrer dans une classe et l’expérience concrète de leurs collègues qui ont 10 ou 20 ans de pratique. Les premiers arrivent avec des illusions vite balayées tandis que les seconds ont pris beaucoup de recul. D’où des attitudes différentes pour un même objectif néanmoins: être pris au sérieux et bien faire son travail auprès des enfants. À la limite ici, l’opinion des pères et des mères n’a que peu d’importance!
Pourtant, quel enseignant n’a jamais été stressé en abordant une réunion avec les parents? Malgré de longues années de carrière, cet exercice demeure très éprouvant. Les professeurs essayent par conséquent de montrer le meilleur d’eux-mêmes : sérieux, professionnalisme… Si certains, guère rassurés, se focalisent sur des problèmes ponctuels et critiquent directement l’attitude des enfants pour éviter d’être personnellement mis en cause, la plupart sont heureusement plus détendus et en profitent plutôt pour « repérer » les parents des élèves. Il est clair qu’à ce petit jeu social, personne n’échappe aux stéréotypes et les jugements à l’emporte- pièce collent vite des étiquettes: comme si la compétence éducative pouvait se dégager du physique et de l’attitude des parents ou des enseignants! Avouons cependant que nous participons à ces rencontres drapés dans des a priori que nous cherchons tous à confirmer. Encore faudrait-il savoir ce qui se passe vraiment à la maison d’abord, dans la salle de classe ensuite…

 
Page:  1  2  3  4