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Le temps des épreuves…

Baccalauréat ou brevet pour les uns, redoublement ou orientation contrariée pour les autres: la fin d’année scolaire ne rime pas avec douce tranquillité sous le soleil ! Malgré ce que prétendait Apollinaire dans ses poèmes, le mois de mai n’est pas toujours joli. Il se révèle même affreux lorsqu’il faut renoncer aux fameux « ponts » et partir en quête d’un nouvel établissement ou d’un cours de rattrapage plutôt qu’à la campagne. Dans beaucoup de foyers en effet, le dernier trimestre apporte son lot de soucis, de désagréments, de mauvaises surprises parfois.

Entre la découverte d’un bulletin catastrophique, le rejet d’une candidature dans une école supérieure renommée et d’ultimes révisions désespérées, les parents que nous sommes ne chôment pas! Car, une fois la colère et la déception passées, c’est sur nous que compte notre progéniture pour l’aider à s’en sortir. Bien sûr, nous ne pouvons rien lui refuser. Sa réussite et son bonheur nous tiennent trop à cœur et nous n’envisageons pas une seule seconde qu’elle n’obtienne pas ce qu’elle veut. Alors, nous entrons en action. Nous frappons aux portes, nous sollicitons un rendez-vous auprès du proviseur, nous rédigeons des courriers, nous appelons diverses associations, nous épluchons les annuaires… Que ne ferions-nous pas pour nos enfants chéris?
Justement, beaucoup trop! Certes, notre rôle est de les protéger. Mais certainement pas d’assumer leurs erreurs à leur place. S’il nous incombe de nous remettre en cause parce que nous n’avons pas vu (ou voulu voir) l’échec venir, oubliant de vérifier les cahiers des petits et de surveiller le travail des grands, nous n’avons pas à endosser l’intégralité des responsabilités. Après tout, c’était à eux aussi de s’appliquer, d’appeler au secours, de s’y prendre plus tôt, de se donner des moyens efficaces… au lieu d’attendre, d’espérer, de cacher la vérité. Donc, les torts étant partagés, la stratégie de résolution des problèmes le sera également.
Commençons d’abord par une discussion familiale constructive où chacun exprimera calmement son point de vue. Répartissons-nous ensuite correctement les tâches: nos rejetons en première ligne pour se battre, nous en arrière comme renforts. Pas question que notre fils cadet de 14 ans se tourne les pouces à la maison tandis que nous défendons son cas devant la commission d’appel: il viendra avec nous. Pas question non plus que sa sœur aînée de 18 ans laisse tomber son examen au prétexte qu’elle n’est pas reçue en prépa: elle ira plancher et nous nous renseignerons sur les filières universitaires proches. Acceptons enfin humblement d’être pris en faute et obligés de repartir de zéro: redoubler constitue une leçon de réalisme à méditer…
Et préparons-nous à affronter nuits blanches, stress incontrôlable, course contre la montre pour respecter les délais de remise des dossiers. Tiens, tiens… À y regarder de près, ces terribles épreuves ne ressemblent-elles pas finalement à l’agitation habituelle d’un départ en vacances? Soyons-en convaincus. Elles ne sont plus très loin. Reste maintenant à les gagner. Courage!
Toute l’équipe de La lettre des Parents