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Carte scolaire
Ayant mis tous mes espoirs dans la suppression de la carte scolaire, j’avais demandé une dérogation pour que ma fille aille dans un lycée hors de mon quartier qui propose chinois en troisième langue. Je ne comprends pas pourquoi elle a été refusée alors qu’un camarade de sa classe, qui avait de moins bonnes moyennes, a été pris. Comment la sélection se fait-elle?
D’abord, la carte scolaire n’a pas encore été supprimée et ne le sera probablement pas avant deux ans. Elle a juste été assouplie. Cela signifie que, cette année, en théorie, les chefs d’établissement ont pu recruter non plus 10 % mais 20 % d’enfants ne relevant pas de leur secteur.Parallèlement, les sollicitations ont augmenté de 50 %. Les collégiens et leurs parents ne se sont pas contentés des quatre souhaits habituels (dont un seul hors secteur). Ils ont multiplié les tentatives dans diverses écoles! Face à un tel déséquilibre de l’offre et de la demande, il était évident que le nombre de déçus allait être très élevé.
Ensuite, ce n’est pas parce que l’on réclame une dérogation que l’on obtient satisfaction. Tout dépend des places disponibles et du profil des élèves. Parmi ces derniers, certains sont prioritaires, selon des critères établis par le ministère de l’Éducation nationale: les élèves souffrant d’un handicap, les élèves boursiers au mérite, les élèves boursiers sur critères sociaux, les élèves nécessitant une prise en charge médicale importante à proximité de l’école souhaitée, les élèves qui doivent suivre un parcours scolaire particulier, les élèves dont un membre de la fratrie est déjà scolarisé dans l’établissement, les élèves dont le domicile est situé en limite de secteur proche de l’établissement souhaité.
Enfin, même si principaux et proviseurs préfèrent « recruter » des têtes de classe, les notes ne sont pas systématiquement décisives au moment du choix. Entrent en jeu les langues pratiquées, les options sélectionnées, le moment où le dossier est examiné (trop tard quand le quota est atteint), la politique du collège ou du lycée (ouverture sociale, projet éducatif), le potentiel supposé… Heureusement qu’il n’y a pas que le « piston » et « le 100 % de réussite au bac » qui motivent les directeurs!