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Jusqu’au bout malgré le bac
Le contrôle continu, solution miracle ?
Malgré la reculade de François Fillon et la nonchalance de Xavier Darcos à ce sujet, beaucoup de spécialistes qui recherchent des solutions pour en finir avec ce troisième trimestre douteux voient dans le contrôle continu LA réponse à apporter. Jean-Paul Brighelli est aussi connu pour son goût du titre accrocheur (« La fabrique du crétin » essai bien trempé sur les failles du système éducatif français) que pour ses prises de positions à contrecourant. Dans Fin de récré (Éd. Gawsewitch), il récidive allégrement: faut-il vraiment sauver le bac, ce diplôme qui paralyse des lycées entiers? Faut-il le conserver intact, alors que sa réussite implique de bachoter, traduisez oublier dès la rentrée suivante ce qu’on a emmagasiné pendant une année? Le contrôle continu pendant la première et la terminale, voilà, selon Jean-Paul Brighelli, ce qui permettrait aux non-bacheliers de finir leur année dans de meilleures conditions: « six moyennes trimestrielles valent bien mieux qu’une note finale, toujours sujette à accident ». Cette solution, bien que longuement étudiée, est aujourd’hui restée lettre morte. Le problème persiste donc. Le Figaro rapporte que la mise en place du baccalauréat dans les conditions actuelles coûte près de « 250 millions d’euros par semaine puisque, faute de salles de classe, des enseignants de lycées sont payés sans donner des cours ». En 2006, 4000 établissements étaient réquisitionnés et transformés en centre d’examens; 140000 professeurs mobilisés pour devenir examinateurs ou correcteurs. Pour l’instant, la seule mesure concrète à avoir été appliquée est le recul des dates de l’examen écrit: le 16 juin cette année, contre le 11 l’année précédente. Maigre compensation.
Des alternatives bien pauvres
D’autres pistes de réflexion, en friche, pourraient pourtant permettre aux lycéens de seconde et de première de terminer leur année scolaire en temps et en heure. Repousser les conseils de classe à la dernière semaine de juin est l’une d’entre elles. Les élèves estiment, à juste titre ou pas, que cette dernière réunion professorale sonne le glas de leur année scolaire. Aussi, si les conseils ont lieu fin mai-début juin, pas étonnant que les lycéens s’imaginent en vacances les trois semaines restantes. Mais des voix syndicales s’élèvent pour rappeler les délais d’orientation, très courts. Plus tôt le conseil de classe statue sur la voix que l’élève doit prendre l’année suivante, mieux son application est effectuée. On connaît les longs méandres de l’administration quand il s’agit de réorienter un élève… Dernière solution évoquée: délocaliser les élèves afin qu’ils ne soient pas touchés par le manque d’enseignants et de locaux. Comment? En organisant en juin stages et autres voyages scolaires. Un pis-aller qui ne fait rien d’autre qu’accréditer l’idée qu’ont les élèves du dernier mois de travail de l’année: un mois de vacances anticipées.