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Jusqu’au bout malgré le bac
Cette année encore, ils sont 600 000 lycéens à suer sang et eau sur leur copie d’examen du bac. Pour cause de locaux et d’enseignants réquisitionnés, les autres élèves vivent un troisième trimestre amputé d’une bonne quinzaine de jours. Des solutions ont été avancées. Toutes ont échoué. Que faire ?
Ne croyez pas que le bac dérange les lycéens non concernés: pensez donc, deux semaines de vacances en plus. Pour les parents qui travaillent et n’ont pas anticipé sur le phénomène, c’est une autre paire de manche niveau emploi du temps. Le troisième trimestre lycéen ressemble à une belle tranche de gruyère indigeste. Mai étant ce qu’il est, tout le monde est au courant des ponts des jours fériés, quand bien même on entend à tout bout de champ parler des « hasards du calendrier ». Avec le bac, juin n’est pas mieux loti. Il est rappelé dans les textes de loi la date de fin de cours: le jeudi 3 juillet pour cette année. Dix contre un que les élèves de seconde et de première – entre deux révisions de l’épreuve anticipée de français – planifient leurs vacances dès le 16 juin, début des épreuves du baccalauréat. Qui peut leur en vouloir? Rien de concret n’a été fait ces dernières années pour pallier le manque de professeurs et de salles de cours. Plusieurs mesures ont été avancées, sans jamais vraiment trouver d’écho favorable auprès des enseignants, élèves et syndicats. Xavier Darcos, l’actuel ministre de l’Éducation nationale, a plus ou moins jeté l’éponge, au vu des difficultés qu’il doit affronter par ailleurs avec la réforme du primaire et la suppression des postes d’enseignants. Le baccalauréat est « l’un des blocs de granit sur lequel la République s’est faite », a-t-il déclaré le 16 avril au magazine Phosphore. « Rééquilibrer » les filières des séries généralistes, envisager quelques « évolutions internes », voilà tout ce qui a été évoqué, malgré l’opinion de sa famille politique, plus encline à un changement en profondeur.