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Le cinéma nous fait la classe
Entre les murs de Laurent Cantet a reçu la palme d’or du 61e festival de Cannes. Première réaction : le film sera visible le 24 septembre, plus tôt que prévu. 2e effet : on apprend que l’école est un sujet vital. Elle nous en dit long sur la société, sur les jeunes, sur l’éducation. Depuis le temps qu’on vous le dit.
Le festival de Cannes, ses exhibitions, ses rumeurs et ses étincelles, vous laissent indifférents, sauf cette année. Un film français, et pas n’importe lequel, a reçu la palme d’or. Vingt-et-un ans que ça n’était plus arrivé. Entre les murs de Laurent Cantet, entendez par là ceux de la classe d’un collège classé Éducation prioritaire. Un collège lambda? Pas vraiment. Un collège qui rassemble des élèves de « la diversité », au vocabulaire fleuri, et un professeur de français à cheval sur la langue. Sean Penn, le président du jury du festival de Cannes, avait prévenu qu'il privilégierait les films à fort contenu social. Ce sera l’école.
La politique s’en mêle
Un film qui tombe bien, quand « le monde enseignant [est] démoralisé », peut-on lire dans Libération, quand « l’école école est en crise », peuton lire ailleurs. L’humeur scolaire est en berne? Nous préférons dire une école qui s’interroge, ce qui n’est pas si mal.
La politique s’est engouffrée dans la brèche et le débat. L’ancien ministre de l’Éducation nationale Jack Lang a relevé que le film de Cantet « tombe à point » au moment où « le gouvernement aime si peu l'école ». De l’autre côté, Darcos a salué ce film-«hommage » aux enseignants exerçant dans des conditions souvent difficiles.