» »
Une école qui n’en est pas vraiment une
Les écoles de la 2e chance proposent à de jeunes adultes sortis du système scolaire des parcours de formation en alternance visant une insertion professionnelle durable. À la sortie, ils sont 61 % avec un métier en tête et un projet de vie en poche.
Ici vous n’entendrez personne parler de cours ou d’ élèves. Mais les ateliers et les stagiaires y sont nombreux. Ici, c’est l’École de la deuxième chance, E2C pour les habitués. La raison : cette école n’en est pas vraiment une.
« Ce qu’on sait et ce qu’on ne sait pas »
Rendez-vous à l’E2C de Rosny-sous-Bois, l’un des quatre sites – avec La Courneuve, La Plaine- Saint-Denis et Sevran – qui composent l’E2C 93 dirigé par Jeanne Schneider, une femme au caractère qu’on devine aussi enthousiaste que bien trempé. Pourquoi la banlieue ? Les E2C sont implantées dans le lieu de vie – la cité, et surtout la ville. Le bâtiment est perdu au milieu des commerces. Les stagiaires sourient. Ils discutent entre deux salles, comme en cours.
Le principe est le même pour toutes ces écoles, inscrit dans la charte élaborée par le « Réseau des écoles de la 2e chance », une association conçue en 2002 qui a puisé ses principes fondamentaux dans le livre blanc présenté par Édith Cresson en 1995. Ces écoles un peu spéciales proposent des parcours personnalisés destinés à de jeunes adultes de 18 à 25 ans ou aux allocataires du Revenu minimum d'insertion (RMI), de l’Allocation de parent isolé (API) qui ont entre 26 et 30 ans. Ces jeunes adultes sont généralement sortis du système scolaire depuis au moins deux ans, sans diplôme ni qualification. « La seule condition pour intégrer cette formation est d’être volontaire, motivé et assez mature pour prendre conscience de ce qu’on sait et de ce qu’on ne sait pas », tient à préciser la directrice de l’E2C 93. La formation est gratuite. Les stagiaires sont rémunérés, sauf les bénéficiaires du RMI qui conservent leur allocation. Les postulants peuvent intégrer la formation toute l’année. Ils y restent entre 7 et 8 mois, parfois jusqu’à 10. Comme dans une entreprise, ils travaillent 35 heures par semaine. Ce n’est pas par hasard.