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Prévenir l’addiction chez l’enfant




L’addiction aux jeux
et aux nouvelles technologies touche particulièrement les adolescents, de par leur grande propension à vouloir être « dans » la modernité et ne pas passer pour un « has been » aux yeux des copains. Enfin, ils intègrent un monde qui n’appartient qu’à eux. Les chiffres sont effrayants : en moyenne, les jeunes passent 800 heures par an à l’école, 1 500 devant un écran – peu importe lequel – et 80 à discuter avec leurs parents. Au début du mois de mai, Nadine Morano, secrétaire d’État chargée de la Famille, s’est inquiétée du succès que rencontre auprès des adolescents « Grand Theft Auto (GTA) », un jeu vidéo « violent », « amoral » et « potentiellement addictif ». Vous pensez que jamais vous n’irez offrir ce jeu à votre grand garçon. Mais qui vous dit que ce dernier ne se l’est pas déjà procuré dans la cour du lycée ? Le monde virtuel, que les ados pratiquent avec virtuosité, rebute plus d’un adulte. Beaucoup se contentent alors d’activer un contrôle parental via le fournisseur d’accès Internet de l’ordinateur de la maison. Totalement insuffisant. Les adolescents connaissent mieux ce monde que leurs parents et il ne leur faut jamais longtemps pour contourner ces interdictions dont l’intérêt ne leur a pas été assez expliqué. Interdire l’ordinateur, le portable, les jeux n’est pas la solution. Élaborer un planning à la maison est déjà plus raisonnable. Le jeune adulte est son meilleur juge.


Les drogues douces et dures,
deux types d’addictions dont peut très rapidement dépendre l’enfant, engendrent aussi un comportement inhabituel qu’on ne peut mettre uniquement sur le compte des turbulences de l’adolescence. Comme l’alcool ou la cigarette, le premier joint fait partie d’un rituel initiatique bien rodé : le premier verre d’alcool fait de l’enfant un homme, la première consommation de cannabis ou d’une autre drogue dite douce fait de l’adolescent un rebelle. Ou du moins lui donne l’impression d’en être un. Dans son désir de se distinguer et de se dessiner une nouvelle identité, un jeune homme ou une jeune femme peuvent être amenés à changer du jour au lendemain de train de vie, reniant amis du passé, famille, école, et tout ce qui présuppose un ordre établi. Ce changement est d’autant plus radical avec les drogues dures. Si votre enfant s’enferme plus que jamais dans sa chambre et refuse le dialogue, ne paniquez pas pour autant. Tous les jeunes gens sensibles et solitaires ne sont pas accros aux drogues. La vigilance est simplement de mise, car le passage aux drogues dures se fait plus facilement dès lors qu’on a déjà tenté les drogues douces. Encore une fois : parlez, écoutez. Documentez-vous sur les addictions et expliquez- lui qu’une drogue douce reste toujours une drogue. Ne le moralisez pas, mais tentez doucement de percer à jour des souffrances inévitables. On ne devient jamais accro par plaisir.




Où se renseigner ?


• Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie: www.drogues.gouv.fr.
• Drogue et adolescence, Réponse aux questions des parents, d’Étienne Gaudet, coll. Hôpital Sainte-Justine Paren, 2002.
• Un dossier clair sur la dépendance sur le site du ministère de la Santé, des sports et de la vie association : sante.gouv.fr/htm/dossiers/addictions/sommaire.htm.

 
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