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Prévenir l’addiction chez l’enfant
Les enfants et adolescents peuvent, comme les adultes, succomber à une addiction en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Des parents vigilants et à l’écoute peuvent éviter le point de non-retour. Zoom sur trois dépendances à connaître.
La dépendance n’est pas une question d’âge. Un enfant peut devenir alcoolique comme un adulte peut être accro aux jeux vidéo. La différence est dans le traitement de l’addiction. Contrairement aux grandes personnes indépendantes, les enfants et adolescents ont pour une majorité leurs parents à leurs côtés qui peuvent les aider à se sortir d’une impasse dont l’addiction est la cause. À moins d’être médecin, la famille ne peut établir de diagnostic, ni détecter avec certitude les signes avant-coureurs d’une addiction. Mais le lien familial, l’affection mutuelle et la connaissance qu’ont les uns des autres les membres d’une même famille fait qu’une détresse adolescente, un trouble enfantin peuvent être perçus rapidement. Et soignés à temps.
L’alcool,
en vogue chez les adolescents, est l’une des toxicomanies juvéniles les plus dangereuses. Chez l’enfant, l’intoxication alcoolique par l’absorption de liquide est excessivement rare et dépend beaucoup du rapport qu’ont eux mêmes les parents avec la boisson. Pour l’adolescent, le problème est bien plus fréquent et peut être l’une des marques visibles de troubles psychologiques sous-jacents. On ne peut parler de conduite addictive dans tous les cas, car l’alcoolisation adolescente revêt différents visages. Celle dite initiatique consiste à voir dans l’alcool la clé du monde des adultes. La première « cuite » est un rite de passage qui s’effectue de plus en plus tôt. Les effets euphorisants et anxiolytiques de l’alcool, que l’adolescent ne connaissait pas jusqu’alors, peuvent l’amener à recommencer l’expérience, à titre d’automédication : l’alcool est l’un des psychotropes les plus utilisés par les jeunes.
Les parents sont loin d’être responsables de tous les égarements de leurs enfants : chacun sa vie. Pourtant, moins un enfant voit d’alcool à la maison, moins il y sera exposé et aura la tentation d’y goûter le plus tôt possible. L’absence de prévention éducative peut induire l’adolescent en erreur : mes parents ne m’ont jamais dit que l’alcool était dangereux. Eux-mêmes en boivent. Pourquoi pas moi ? Si les parents consomment de l’alcool, alors les bouteilles doivent être rangées sitôt après avoir servi, dans un endroit bien précis. L’enfant, avant même de grandir et de toucher à son premier verre, doit en connaître les méfaits. Lui dire qu’il s’agit d’un « truc de grand » ne fera qu’attiser sa curiosité. Expliquez lui pourquoi c’est mauvais pour lui, comme cela peut l’être pour un adulte déraisonnable. Forcément, un jour où l’autre, il aura envie de tenter l’expérience. La sobriété totale n’existe pas, notamment lors des années lycées. Si l’enfant à néanmoins conscience du danger – plus encore que de l’interdit – qu’il encourt à consommer de fortes doses d’alcool, il s’autorégulera lui-même.