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La parole, la meilleure arme contre le secret




Éviter la fracture entre l’enfant et son milieu


Dès la naissance, la communication est capitale entre l’enfant et son entourage. Il capte tout ce qui se passe autour de lui et a besoin que les émotions suscitées chez ses parents par le secret soient reconnues et nommées. En sachant identifier les choses, les personnes, les situations, les sentiments, il acquiert une grille de lecture indispensable dans sa relation à lui-même et aux autres.
En cachant un élément essentiel de la vie familiale à un enfant, celui-ci finit par ne plus croire en ses propres ressentis corporels : sa perception des événements n’est pas en lien avec ce qu’on lui en dit. Complice du silence de ses parents malgré lui, isolé et anxieux, il va développer des troubles somatiques et culpabiliser. Dans ce cas, l’échec scolaire, la violence, les troubles alimentaires viennent signifier une profonde inadéquation entre lui et son milieu. Dramatiques, les conséquences d’un secret peuvent aussi générer une grande créativité et une capacité à apprendre par soi-même.
Dire la vérité à un enfant sur un sujet qui le concerne et lui expliquer par exemple pourquoi on s’est trompé, c’est lui permettre du même coup de ne pas répéter nos erreurs. S’il n’y a pas d’âge idéal pour lui parler des secrets qui le touchent, il faut s’adapter à sa pensée, avec des mots simples et sans compliquer le message.


La création artistique ou l’écriture


La révélation du secret ne suffit pas à guérir les personnes impliquées. Pour révéler un secret, il faut trahir la confiance des uns, affronter la colère des autres, subir la rancœur de tous. Si ce n’est que le premier pas d’un long processus, prendre le temps d’évaluer l’onde de choc de la révélation va déjà adoucir l’épreuve.
Certains réussissent à s’en sortir par la création artistique ou l’écriture, mais beaucoup doivent envisager « une thérapie familiale, une psychanalyse, une psychothérapie », préconise le psychanalyste Claude Nachin. Elles vont aider la personne à reconnaître les symptômes et les attitudes qu’elles se sont fabriqués avec le poids du secret. Comprendre qu’elle n’a plus à gérer les malheurs passés de sa famille, qu’elle doit utiliser ses ressources intérieures pour sa propre vie.




En savoir plus>


• Au cœur des secrets de famillede Juliette Allais, Éds. Eyrolles, 2008.
• Fil santé jeunes : 0 800 235 236 (anonyme).

 
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