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La parole, la meilleure arme contre le secret
Toutes les familles ont leurs secrets. Certains évènements ou traumatismes sont indicibles au sein de la tribu parce que le jugement extérieur est intolérable. Pas de fatalité, communiquer est toujours possible mais sans se faire d’illusions : la révélation n’est qu’une première étape.
« Lieu écarté, retraite, solitude ». Voici la définition du latin secretum. Secret. Une signification inoffensive à condition de ne pas l’associer à la famille. Le secret de famille fait planer une ombre sur le foyer, ou ressemble à un boulet que les générations traînent sans pouvoir en saisir le sens ni l’origine. Les conséquences sont parfois légères, souvent douloureuses, jamais anodines. Le secret de famille est-il toujours dangereux ? Quelles conséquences sur les enfants, quelles solutions possibles? Une chose est sûre : chacun a le droit de tout connaître de sa propre histoire.
Les bons et les mauvais secrets
Oui, les secrets peuvent avoir des conséquences heureuses. D’après son origine latine, le secret constitue un espace clos qui préserve l’intimité nécessaire à chaque être humain. Garder quelque chose pour soi est une pratique courante. Qui n’a jamais caché ses véritables sentiments ? Mieux, il y a « les secrets doux » comme une demande en mariage, selon la thérapeute familiale américaine Evan Imber-Black, et ceux « essentiels »du journal intime et des confidences entre proches.
Garder un secret peut être une pratique autrement moins anodine, lorsque l’absence de parole a des effets négatifs sur les personnes concernées. Pourtant, inutile de s’alarmer lorsqu’on sait que toutes les familles possèdent leurs zones d’ombre. Elles exercent selon la gravité une emprise sur ses membres, modifient les relations, la communication et le comportement des uns et des autres. Si le secret n’est pas exprimé, il transpire d’une manière ou d’une autre. Personne n’est dupe et encore moins les enfants : la communication est non verbale à 80 %…