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Jean -Philippe Riant : «Comprendre à quel moment il a appuyé sur le frein »

Coach scolaire et cofondateur de l’Institut européen de coaching de l’étudiant (IECE), Jean-Philippe Riant intervient en entreprise, à l’école et dans des structures d’orientation. Sa mission, qu’il accepte toujours : faire retrouver la motivation aux élèves.


Coach scolaire : quelle différence avec un professeur, un conseiller et un thérapeute ?



C’est un professionnel qui permet à un individu de trouver la solution à ses difficultés en lui en faisant prendre conscience. Le coach oriente ses objectifs vers des problématiques de motivation, de décrochage scolaire et dans un but : trouver un métier.
Le rapport au système éducatif est plus difficile à gérer qu’avant. Jadis, les parents assuraient à leur enfant qu’il suffisait de travailler pour avoir un métier. Aujourd’hui, ils demandent à leurs enfants de se motiver alors qu’eux-mêmes se méfient et doutent. Les coachs scolaires ne font pas partie du système : ils portent un regard différent sur l’école et l’entreprise.


Quelles sont vos activités à l’IECE ?



Nous recevons les élèves à partir de 14 ans et jusqu’au premier emploi. La première séance, en présence des parents, dure plus d’une heure à l’appui de tests mais la réflexion y tient une place plus importante. Il s’agit d’une orientation pragmatique qui cherche à mesurer la détermination et l’envie de l’élève. Après avoir détecté la cause du décrochage, on lui propose la méthode de travail la plus adaptée avec l’aide de professionnels.
Le dialogue avec l’enfant permet bien souvent de changer son attitude et celle de ses parents. Il arrive aussi qu’il porte des symptômes d’ordre familial. Nous voulons juste faire disparaître les conditions de l’échec. Nous ne prétendons pas modifier des schémas familiaux.


Qu’est-ce qui distingue des élèves de prépas et de Zones d'éducation prioritaire (Zep) ?



Rien justement ! Un élève désorienté a toujours l’impression d’être en décrochage scolaire. On essaie juste de comprendre à quel moment il a « appuyé sur le frein » et a choisi d’échouer plutôt que de réussir. En revanche, il n’y a pas de méthode miracle pour tous : à chaque élève une situation et une solution différentes. Les jeunes de Zep sont volontaires mais plus pessimistes que la plupart de leurs camarades: il est plus difficile de leur faire croire à un projet ambitieux. C’est à la fois réconfortant quand on arrive à les aider, mais le problème est plus complexe.


Quelles sont les raisons de l’échec scolaire ?
Que conseillez-vous ?




Le divorce des parents est souvent à l’origine du décrochage scolaire: mal digéré, il réapparaît sous la forme d’un mal-être à l’école. Dans ce cas, l’élève doit exprimer ce malaise pour redémarrer. Des fratries peuvent être mal vécues. Autre raison: l’injonction paradoxale. Les parents autorisent tout à leur enfant – confort, tentations, liberté – mais voudraient en même temps qu’il ait de bons résultats! Dès qu’on leur prouve qu’ils doivent plutôt transmettre des valeurs et fixer des limites, ils reprennent d’eux-mêmes le bon chemin. Je ne donne jamais de conseils mais je propose souvent aux élèves de travailler le matin entre 6 h et 7 h 30. Ils trouvent un espace de travail paisible et profitent ensuite de la fin de la journée pour les loisirs.