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Les SES passées à la moulinette
Juillet fut un mois difficile pour les sciences économiques et sociales (SES), matière obligatoire enseignée en classes de première et terminale générales ES. Pas moins de deux rapports mettent en doute le bien-fondé de cet enseignement, source de maintes polémiques.
On connaît la facilité avec laquelle la France a tendance à faire monter la mayonnaise alors que personne n’a envie d’œufs mimosas. Avec un nom pareil, la matière de sciences économiques et sociales ne pouvait pas déroger à la règle de la polémique. Cette fois-ci, ce sont deux instances, la commission gouvernementale chargée de l’audit des manuels et programmes de sciences économiques et sociales du lycée et l’Académie des sciences morales et politiques qui se collent à la critique du fond, de la forme, de l’enseignement et des manuels de SES.
Comprendre l’ordre du monde
Derrière cette belle abréviation se cache le programme que les lycées de première et de terminale de la filière économique et sociale (ES) devront obligatoirement suivre jusqu’à l’examen final du bac. Selon le Bulletin officiel (BO) n° 28 du 12 juillet 2001, la matière SES tend à approcher la « connaissance et [l’] intelligence des économies et des sociétés contemporaines, et ainsi concourir à la formation du citoyen apte à saisir les enjeux des choix économiques et sociaux ». Un programme un peu plus alléchant que l’étude de la bourse, donc.
En classe de première l’enseignement s’articule autour de la question du fonctionnement de la société selon trois liens : marchand, social et politique. Afin de comprendre correctement la problématique posée, les élèves sont amenés à travailler à l’année sur deux grands thèmes : les activités économiques et sociales ; la régulation du même nom. En vrac, l’adolescent va devoir assimiler des notions économiques, qui, associées entre elles, permettent de comprendre comment le monde tourne, du moins de façon globale. Exemples : l’entreprise, le revenu, la valeur ajoutée, les classes sociales, le produit intérieur brut, le crédit, le pouvoir, la nation, l’action boursière, le droit de propriété, le profit, la dépense publique.
En terminale, l’approche des sciences économiques et sociales se fait plus générale. Les élèves doivent désormais réfléchir aux grands problèmes sociaux économiques à la lumière des notions apprises l’année précédente. La question centrale porte sur la croissance, le développement et le changement social. Exemples développés dans le Bulletin officiel hors série n° 7 du 3 octobre 2002 : la notion de développement durable, l’indice de développement humain, le solde migratoire, la tertiarisation, l’inégalité, le conflit, la solidarité.