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AVS, Justine Poulain« Je me considère comme un outil pour l’élève »




Comment travaillez-vous avec les enseignants ?


Le travail avec les enseignants et les autres professionnels (orthophoniste, psychomotricien...) est évidemment important. Il sera différent en individuel ou en collectif. Dans le 1er cas, l’AVS travaille au sein d’une classe ordinaire, avec l’élève dans un groupe ; en collectif – en Unités pédagogiques d'intégration (Upi) ou en en Classe d'intégration scolaire (Clis) – il travaille dans une classe intégrée à une école, avec tout le groupe-classe. Les liens avec l’enseignant spécialisé y sont renforcés. Dans les classes ordinaires, les AVS sont imposés aux enseignants : même si ça se passe bien la plupart du temps, il y en a toujours qui craignent le handicap et qui ont l’impression d’être surveillés. La problématique évolue avec le niveau de l’élève. En collège et lycée, on se déplace plus ; en primaire ou en maternelle, il y a plus de moments informels (à la récréation, pendant la lecture silencieuse).


Pourquoi être passée du secteur associatif à l’Éducation nationale ?


Ce n’est pas un choix ! Les aides financières ont été supprimées aux associations de sorte qu’elles ne puissent plus nous rémunérer. Nous avons donc dû « basculer » vers l’Éducation nationale en 2003. Nous avons le droit de travailler 6 ans au maximum: je fais partie de la première vague des AVS qui doit partir en juin prochain alors que dans le secteur associatif, j’étais en CDI ! Pour l’Éducation nationale, AVS n’est qu’une fonction car elle ne rassemble pas les critères de création d’un métier. Malgré la circulaire du 27 juillet dernier qui leur permettrait de profiter de la Validation d’acquis d’expérience (VAE), à l’issue de leur contrat, ils n’ont en réalité droit à rien : pas de remboursement des frais de transport, pas d’indemnités chômage, pas de valorisation d’expérience. Les AVS ont une formation au bon vouloir des académies. C’est la loterie !
Autre signe de notre précarité, les AVS travaillent à 70 %-75 % depuis que le ministère, il y 3 ans, a estimé qu’on ne devait pas être payé à l’heure du déjeuner. Résultat : la majorité des AVS ont deux employeurs : la municipalité (dans le périscolaire, à la cantine, pendant les études surveillées) et l’Éducation nationale.