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AVS, Justine Poulain« Je me considère comme un outil pour l’élève »
La loi Handicap répond-elle à la demande des parents ?
Pour obtenir un AVS, les démarches sont longues et ardues. Il faut déposer un dossier auprès de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) qui statue et évalue la quotité horaire en fonction des capacités de l’élève puis c’est à l’Inspection académique d’attribuer un AVS à celui-ci. Mais faute de moyens et de personnel, la quotité est rarement respectée.
En septembre, le ministère a annoncé la création de 200 Upi et le recrutement d'AVS. En nous appuyant sur les chiffres du ministère, l’Unaïsse a comparé le nombre d’AVS et d’élèves : on a dénombré un AVS pour 5 élèves. Sur le terrain, c’est infaisable.
Et après l’école, quels sont les dispositifs pour eux ? Il y a de plus en plus d’élèves en Clis et UPI et très peu de solutions au terme du système scolaire (comme l’Établissement et service d'aide par le travail ou Esat). Les moyens restent insuffisants.
L’association Unaïsse existe depuis 2007 pour défendre nos intérêts et démontrer la nécessité de créer un métier. Elle est née d’un forum (sur mimibaby.free.fr, aujourd’hui unaisse.free.fr), animé par une AVS, qui nous a permis de nous rassembler car les académies refusent de nous mettre en contact ! En croisant nos expériences, nous nous sommes rendus compte qu’il y avait des disparités énormes – de salaire, de temps, de contrat et de formation – entre les académies. Car aucune ne fonctionne de la même manière et les textes de loi sont obscurs. Il n’existe pas de référentiel « métier » national.
Comment l’association a-t-elle riposté ?
Nous avons constitué un dossier qui pointait les vides et les incohérences juridiques, pour saisir le médiateur de la République ; nous attendons maintenant une réponse de l’Assemblée nationale. Nous nous tournons aussi vers les secteurs du périscolaire et des loisirs : les enfants en situation de handicap sont rarement intégrés en centre de loisirs, et la présence d’un accompagnant changerait très certainement les choses. Pourquoi de telles insuffisances? Une méconnaissance du terrain, des mesures prises dans l’urgence et des impératifs budgétaires. En renouvelant nos contrats, l’État serait obligé de nous renouveler en CDI et de créer un nouveau corps de fonctionnaires. Une décision qui irait à l’encontre des suppressions de postes… Pourtant, certaines associations, comme la Fédération nationale des associations au service des élèves présentant un handicap (Fnaseph) proposent d’autres solutions.