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Joyeux anniversaire, le bac !
Fours à bachot
En ce début de XIXe siècle, l’école, sans même parler d’études supérieures, est considérée comme un luxe que seuls les enfants issus de la bourgeoisie et de l’ancienne noblesse peuvent se permettre. Pour les classes populaires, le travail au champ prime sur l’éducation. Le bac évolue rapidement dans sa forme, et dès 1840, les candidats doivent réussir une version latine pour accéder à l’épreuve orale finale. Le développement de l’examen va de pair avec l’apparition de petits mémentos, ancêtres de nos annales. Avec le début du bachotage se créent les boîtes à bac, ou « fours à bachot ».
Trois boules blanche, rouge et noire
Au-delà de son côté austère dû à sa difficulté, le bac du XIXe siècle a dans sa notation un caractère enfantin un brin comique. Pas de résultats sur 20 (un système instauré en 1890), pas de mention « passable » qui ne veut rien dire, pas de note minimale couperet, mais un beau jeu de boules de toutes les couleurs en guise d’échelle de valeur. Chaque membre du jury dispose de trois boules: la blanche est positive, la noire négative, la rouge moyenne. Les jurés doivent en déposer une pour les huit épreuves dans l’urne prévue à cet effet et faire la moyenne. Huit blanches valent la mention « très bien », huit noires l’ajournement. La naissance de la IIIe République s’accompagne d’un regain d’intérêt pour l’éducation, en particulier l’application de l’école gratuite, publique et laïque. En 1874, le bac est scindé en deux parties : l’une passée en classe de première, l’autre en terminale. Le latin continue à donner le « la », jusqu’en 1880, date où l’examen devient l’embryon du bac que nous connaissons aujourd’ hui : d’une part, un bac classique latin-grec, décliné en deux séries philosophie ou mathématiques élémentaires ; d’autre part un bac moderne, sans langues mortes. Les deux dernières décades du XIXe siècle voient, avec ce nouveau bac moderne, les effectifs des candidats se multiplier par 4.