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Jean-Paul Brighelli, professeur en classe préparatoire : « La réforme du lycée, c’est au collège qu’elle commence »
Pensez-vous que le soutien scolaire gratuit mise en place au primaire et maintenant au lycée soit la solution contre l’échec scolaire?
Le « dispositif de réussite scolaire » de Xavier Darcos, ce n’est ni plus ni moins que du tutorat par petits groupes, déjà existant. Pourtant, ce qui est intéressant dans ce système, c’est qu’il peut aider les bons comme les mauvais élèves. Il faut arrêter de penser que tous les lycéens vont au même rythme. S’occuper des bons éléments, c’est tendre à niveler par le haut le niveau de la classe.
Quelle doit être l’implication des enseignants dans le dispositif de réussite scolaire?
C’est là que le bât blesse. Soutenir un élève en dehors des heures de classe, ce n’est pas uniquement l’aider à faire ses devoirs. Il y a la salle de permanence pour cela. Dans sa salle de cours, un professeur enseigne seulement 10 % de ses connaissances. L’accompagnement scolaire est un bon moyen pour donner aux bons élèves les 90 % de connaissances restantes, et pour prendre le temps avec ceux en difficultés de travailler ce qui a été dit mais non compris en classe.
Pourquoi ne pas donner ces 90 % de connaissances en plus à tous les élèves?
Parce qu’il y en aurait 8 sur 10 de perdus. Certains digèrent l’information suffisamment vite pour en consommer une grande quantité, d’autres non. Les lycéens moyens ou faibles ne doivent pas être enfoncés sous prétexte d’aider les bons éléments. Du moins, pendant les heures de cours.