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Quand l’école transmet des préjugés



La Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) a commandé un rapport à l’université de Metz sur la « place des stéréotypes et des discriminations dans les manuels scolaires ». Celle-ci a pondu un pavé de deux cents pages : c’est qu’il y a des choses à dire.
La Halde a analysé 29 manuels de collège et lycée. Elle a relevé deux catégories de problèmes. Le premier : les tabous. Ni les discriminations elles-mêmes, ni l’homosexualité ne sont abordées. L’autre problème : les discriminations plus insidieuses telles que l’égalité homme-femme (les femmes y sont soumises ou en retrait et associées à certains métiers), la couleur de la peau (les noirs sont généralement pauvres et malades), la vieillesse (les gens âgés y sont plus malades qu’heureux). À qui la faute ? Aux éditeurs, qui avancent pourtant que « par rapport à il y a 20 ans, il y a des différences énormes sur les stéréotypes hommes/femmes dans les manuels ». C’est dire le chemin parcouru, et celui encore à traverser. Ils renvoient la balle aux copains : ils font savoir « qu'ils souscrivent à la poursuite de la lutte qu’ils ont engagée contre les stéréotypes dans les manuels scolaires, dans le respect de la véracité des faits rapportés, et dans les limites définies par les programmes ». La faute aux programmes, au ministère de l’Éducation nationale alors. Dans la dernière circulaire de rentrée, Xavier Darcos s’y attaquait pourtant, en demandant aux établissements de faire quelque chose. Aux établissements maintenant ?
La faute aux mots, vecteurs puissants des idéologies. Une « relecture des manuels par un comité de lecture, une formation généralisée de l’ensemble des personnels », recommande la Halde.