» »
Portes ouvertes pour grandes écoles
Les grandes écoles ouvriraient-elles leurs portes ? Deux mesures, ces dernières semaines, nous ont mis la puce à l’oreille.
La première. Le classement de sortie à l'École nationale d'administration (Ena), qui permettait aux meilleurs élèves de choisir d'intégrer les administrations les plus convoitées, sera supprimé pour la promotion qui sera recrutée à la fin de l'année, a confirmé le gouvernement le 25 mars dernier. À partir de la promotion issue du concours d'entrée 2009, les élèves ne seront plus affectés en fonction de leur rang de sortie mais « recrutés par les employeurs sur la base d'un dossier d'aptitude », ont expliqué le ministre du Budget, Éric Woerth, et le secrétaire d'État à la Fonction publique, André Santini. L'Ena se dotera en octobre prochain d'une classe préparatoire réservée à des « candidats issus de milieux modeste » et la durée de formation sera réduite de 27 à 24 mois. Pourquoi une réforme de l’Ena ? À cause « de son absence de modernité et son manque de représentativité de la société française »,a souligné Nicolas Sarkozy, qui n’y a lui-même pas étudié.
La deuxième. L'une des plus prestigieuses grandes écoles de commerce françaises, HEC, a annoncé début avril qu’elle dispenserait de frais de scolarité, à partir de la rentrée 2009, tous les étudiants bénéficiaires d'une bourse d'État, quel qu'en soit le montant. Cette mesure ne devrait concerner que quelque 70 élèves. Il n’empêche, accroître le nombre des élèves défavorisés dans leur enceinte démontre une ouverture.
Le hasard ? Non. Les grandes écoles ont de bonnes raisons – parfois jugées trop élitistes, besoin de redorer leur image-, mais surtout la pression et des objectifs à atteindre. Le président de la République a en effet fixé, en décembre dernier, un objectif de 30 % de boursiers en classes préparatoires. Par ailleurs, Yazid Sabeg, le commissaire à la Diversité et à l'Egalité des chances démontre dans un récent rapport que le le taux de boursiers dans les 4 grandes écoles les plus prestigieuses (HEC, Polytechnique, l'ENA et Normale sup) étaient passés de 29 % durant les années 1950 à 9 % au milieu des années 1990.