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Les pollens contre-attaquent !
Les parents sont souvent inquiets face aux réactions allergiques de leurs enfants, parfois incontrôlables, parfois inattendues. De par leur fragilité, les bambins sont plus sensibles aux agressions extérieures que les adultes. Au début de l’été, les allergies respiratoires sont légions, notamment celles aux pollens. La Lettre des Parents vous informe pour y faire face.
Qu’est-ce que l’allergie ? Il s’agit d’une réponse anormale et excessive de notre système immunitaire à la suite d’un contact avec une substance étrangère. Pour certaines personnes, cette substance, aux formes très variables, sera totalement inoffensive ; pour d’autres, elle provoquera une réaction allergène. Les allergies sont souvent le fait de facteurs héréditaires et environnementaux. Les parents sont parfois inquiets de la tournure que prend une simple toux. Beaucoup s’interrogent aussi sur sa nature même : est-ce une allergie ? Ou même de l’asthme ? En fait, les manifestations de ces deux maux sont souvent similaires : l’enfant tousse ou même siffle. De plus, l’allergie peut être un facteur déclenchant d’asthme. Et les causes de l’allergie sont… infinies : acariens de la poussière de maison, pollens, allergènes libérés par un animal, moisissures atmosphériques, cafards, tabac, pollution, odeurs fortes, infection virale comme la grippe, effort physique type course d’endurance, humidité, facteurs émotifs et, plus rarement, certains médicaments comme l’aspirine. À l’approche de l’été, les pollens et le fameux rhume des foins sont particulièrement à redouter.
En finir avec le rhume des foins
Comment détecter une allergie chez un enfant ? Question peu évidente, qui demande souvent maintes consultations et vains diagnostics avant d’avoir confirmation de la découverte de la bonne substance allergène de votre enfant. Certains faits relèvent de l’évidence : un enfant qui souffre d’un rhume des foins typique est allergique. Il possède donc de nature un terrain allergique. Chez cet enfant, il faudra rechercher les pollens qui déclenchent son allergie. Le stade du diagnostic est plus avancé que chez cet autre enfant qui a pour symptôme un nez bouché chro- nique : là, il faudra avant tout que le médecin délimite le terrain allergique. Pour cela, l’allergologue va procéder à un examen de la peau, des bronches, du nez. Il peut aussi demander à effectuer des tests sanguins de dépistage du terrain allergique, qui vont rechercher la présence d’immunoglobulines E (IgE). Certains enfants, lors de leur premier contact avec un allergène, vont se mettre à en produire des quantités anormalement, spécifiques à l'allergène en question. Mais puisqu’il ne s’agit pas d’une vérité générale, ce test, fiable dans 90 % des cas, peut s’avérer inefficace. En complément, l’interrogatoire médical est essentiel. Le médecin va pousser sa recherche d’asthme, d’eczéma ou de rhinite allergique chez les parents ou dans toute la fratrie, remontant parfois sur plusieurs générations. Si ces manifestations sont présentes, l’enfant risque de posséder ce fameux terrain allergique.
Parfois, cet interrogatoire se termine en deux minutes, tant la relation de cause à effet entre l’exposition à un allergène et les manifestations cliniques est évidente. Exemple : quand l’enfant a immédiatement une manifestation à caractère allergique à chaque fois qu’il caresse un chat. Dans d’autres situations plus complexes, il faudra aux parents comme à l’enfant beaucoup de patience pour parvenir à définir l’allergène à l’origine des manifestations. Les tests cutanés sont alors nécessaires pour contrecarrer ou confirmer un examen clinique peu évident.
Le pollen, graine de mauvaise herbe !
Comment détecter spécifiquement les premiers signes d’allergie aux pollens ? L’enfant atteint de rhinite pollinique souffre tous les ans, à la même période, des mêmes manifestations : démangeaisons du nez, éternuements violents et répétitifs, nez qui coule, nez bouché. Parfois même, l’enfant se plaindra de démangeaison au niveau du palais et des oreilles. Dans tous les cas, n’hésitez pas : aller consulter. La pollinose, autrement dit le rhume des foins, touche toutes les tranches d'âge, mais on note une prédominance chez l'adolescent et le jeune adulte. Certains allergologues reçoivent désormais en consultation des enfants de 2 ans gênés par les pollens. Vos enfants peuvent être allergiques à un ou plusieurs pollens mais pas à tous. L'allergie la plus fréquente est due aux graminées (cf. encadré). Les pollens qui sont impliqués dans les maladies allergiques sont en majorité transportés par l'air. Les autres sont entomophiles, c’est-à dire transportés par les insectes. Attention : un enfant allergique à un végétal risque également de l’être avec les autres plantes de la même famille. Ainsi, les allergiques à la famille de plantes des bétulacées ont souvent des allergies croisées avec la pomme, la noisette, l'amande, la pêche, la poire, la prune, la cerise, le céleri, le melon, l'arachide, le paprika, le piment, la coriandre, etc. Même s’il existe un calendrier des allergies relativement fixe, les périodes de pollinisation varient de plus en plus au fil des années, notamment à cause du réchauffement climatique. La pollinisation aurait tendance à être plus précoce dans le Sud de la France, en plaine plutôt qu’en montagne. Pour bien cibler les risques qu’encoure notre enfant, le mieux est de consulter les prévisions et le calendrier du Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSB, cf. encadré).
L’été, c’est graminée !
La grande saison des pollens correspond à la pollinisation des graminées, qu'on appelle aussi rhume des foins. Elle survient, selon les années entre mi-avril et mi-mai et se prolonge environ pendant les deux mois d’été. Les graminées sont redoutables car on les trouve partout ! Dans les prairies, les fossés, en forêt, sur les bords des routes, dans les gazons, à la campagne et dans les villes. Un patient allergique aux pollens de graminées sera gêné à Paris en mai et juin mais devra éviter les congés à la montagne au mois de juillet ou août s’il ne veut pas gâcher définitivement ses vacances. Les principaux pollens de graminées allergisants sont les suivants : - Graminées fourragères : dactyle, phléole, ivraie, pâturin, fétuque, chiendent. - Graminées céréalières : blé, orge,mais,avoine,seigle.
Pour aller plus loin
• allergienet.com. Beaucoup d’informations et de documentation sur le sujet.
• pollens.fr/les-bulletins/bulletin-allergo-pollinique.php. Site du Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSB). Les parents ont la possibilité de recevoir chaque semaine par E-mail les prévisions du risque allergique des départements de leur choix. Adresse : Chemin des Gardes - BP 8 - 69610 Saint-Genis-l’Argentière. Tél. 04 74 26 19 48. Fax 04 74 26 16 33.
• Les allergies de l’enfant, les prévenir et les combattre, du Dr Étienne Bidat et Christelle Loigerot, eds. Milan, 2003.