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Violence : de quoi parle-t-on vraiment ?




Le 16 juin encore, des enseignants d’une école élémentaire des Grésillons (Gennevilliers) protestaient contre l’accueil d’un élève « au comportement violent ». Le sujet est sensible en ce moment : les élèves attaquent leurs professeurs, les professeurs menacent leurs élèves, les élèves se bagarrent entre eux, des élèves sont interpellés comme de véritables malfrats. Le gouvernement annonce des mesures draconiennes (fouilles et brigades spéciales). Les sondages révèlent que les parents seraient plutôt d’accord (81 % des parents favorables à la fouille selon Opinion way) tandis que les syndicats les jugent trop sévères. Les médias se font-il les justes échos de la réalité ?
Vous pourrez nous reprocher d’alimenter ce que nous critiquons. Que nous aussi, comme les autres, nous parlons de la violence. Mais avec une question : la violence a-t-elle augmenté ? A-t-elle changé ? Non et oui.
La question n’est pas neuve. Quel était, d’après les Français en 1998, le principal problème dans les établissements scolaires selon l’Ifop ? Je vous le donne en mille : la violence (68 %), loin devant la drogue dans les écoles (48 %) et le manque d’enseignants (29 %). L’Éducation nationale affirme elle-même que les violences en milieu scolaire ne sont pas en hausse significative.
La violence n’a pas augmenté mais elle a changé de forme (comme le happy slapping). Les élèves sont à la fois premiers auteurs mais aussi premières victimes des actes de violence et, selon le sociologue Éric Debarbieux qui procède par étude de « victimisation », l’augmentation, inégale, se concentre sur les « lieux d'exclusion sociale ».
C’est une bataille médiatique qui se joue, entre médias et parents alarmistes et gouvernement et ministre de l’Éducation rassurants. Ce dernier propose des mesures plus « répressives et autoritaires ». Le chercheur a, par contre, constaté une augmentation des fouilles… Est-il besoin d’en rajouter ?