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Et si on reconsidérait l’élève ?
Philippe Meirieu est l’un des spécialistes de l’enseignement les plus connus en France. Partisan de l’Éducation dite nouvelle, il a longuement étudié l’acte d’apprentissage et les difficultés que peuvent rencontrer enseignants et élèves à son égard. Dans Apprendre…, oui mais comment (eds. ESF), il apporte un nouvel éclairage aux parents en mal d’informations.
En chef de file du mouvement des « pédagogues », terme un brin négatif employé par les noms moins stéréotypés « conservateurs », Philippe Meirieu place l’élève au cœur de l’acte d’apprentissage. Selon lui, Socrate avait déjà tout bon lorsqu’il aidait de jeunes esclaves à « accoucher » d’idées qui leur étaient propres. L’enseignant a pour seul rôle celui d’accompagnant de l’élève dans l’apprentissage de ce dernier : « Un apprentissage qui serait vécu comme une simple transmission qui attribuerait au maître la paternité, même indirecte, des connaissances de l’élève, anéantirait l’élève en même temps que le maître ».
Apprendre ne consiste pas à se remplir l’esprit d’informations comme on remplit une jarre d’eau au goutte à goutte. L’élève ne doit pas être perçu comme un récipient creux, mais comme un terreau fertile où quelques pousses s’élèvent déjà. L’enseignant doit apporter les bons outils pour que la récolte soit bonne. Il faut donc relever ses manches et travailler ! « L’éducation n’est pas l’admiration béate des aptitudes qui s’éveillent, mais le fait de fournir des outils précis permettant à des individus d’être intégrés dans un ensemble social déterminé, d’y trouver une place, sa place ». Mettre l’enfant au cœur de l’enseignement certes, mais sans pour autant le laisser seul !